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Mercredi 26 mars 2008
N°343-Les Dossiers d'Irak 25/03 (Début) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction
N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                       Par M.Lemaire         


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire :

Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres?

Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève",

L'armée du Mahdi en action

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir ?

2 Brèves

2-1 Le nombre total de détenus à Cropper et Bocca est passé d'environ 26.000 à quelque 23.000, a dit un officier.

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Hocine Malti : Les guerres de Bush pour le pétrole.

3-2 Point de vue de Danilo Zolo : Irak - La guerre devient globale.

 


Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres? C'est ce que suggère un texte que s'est procuré vendredi l'Associated Press et qui laisse à l'appréciation des 192 membres de l'ONU de choisir quels pays devraient occuper les nouveaux sièges ainsi créés. Ce document qui s'inscrit dans le cadre d'une réflexion en cours aux Nations unies sur le délicat problème de la réforme de l'assemblée onusienne la plus puissante, laisse également aux 192 Etats-membres le soin de déterminer la durée du mandat de ces nouveaux sièges entre trois options: des mandats de deux ans, cinq ans ou permanents. Le texte abandonne la question sensible du droit de veto à des négociations ultérieures.

De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'élargissement du Conseil de sécurité de manière à ce que le principal organe de l'ONU reflète davantage le monde d'aujourd'hui et non plus seulement les plus grandes puissances de l'après Seconde Guerre Mondiale, date de création des Nations unies. Mais toutes les précédentes tentatives, depuis 1979, ont échoué à cause des rivalités entre pays-membres sur la taille et la composition d'un conseil élargi. Les profondes divisions sur le sujet ont contraint l'Assemblée générale de l'ONU à laisser en suspens trois propositions de résolution contradictoires en 2005. Le dénommé Groupe des Quatre -Allemagne, Japon, Brésil et Inde- aspire à des sièges permanents sans droit de veto dans un conseil de sécurité élargi à 25 membres.

Un autre groupe de pays d'importance moyenne, dont l'Italie et le Pakistan, qui se baptisent eux-mêmes Union de consensus, veut un conseil de 25 membres avec 10 nouveaux sièges non permanents.L'Union africaine, dont les 53 membres soulignent que leur continent est le seul à ne pas disposer d'un siège permanent au conseil, veut ajouter 11 nouveaux sièges -six permanents dont deux pour l'Afrique avec droit de veto, et cinq non permanents. La nouvelle ébauche de proposition stipule que ces différents groupes maintiennent leurs positions, mais que l'impossibilité de les concrétiser cède désormais la place à "une apparente volonté de négociation sur la base d'une réforme intermédiaire qui passerait par l'identification du plus grand dénominateur commun à ce stade". Plus de 50 ambassadeurs représentant les principaux groupes ayant intérêt à ce que le conseil soit réformé, ont participé mardi à une réunion pour discuter de la nouvelle proposition sous l'égide de l'ambassadeur d'Allemagne auprès de l'ONU, Thomas Matussek. Sur les sept nouveaux sièges prévus par ce texte, deux seraient alloués à des pays africains, deux autres à des pays asiatiques, un à l'Amérique latine et aux Caraïbes, un à l'Europe de l'Ouest et un à l'Europe de l'Est.   Le texte a été élaboré par les ambassadeurs des Pays-Bas, de Roumanie, de Malaisie, de Grande-Bretagne, de Chypre et d'Allemagne avec le soutien des Bahamas et une forte participation de l'Italie, a indiqué Matussek.  Source : Edith M. Lederer AP – Samedi 22 mars


Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève", Dimanche, à l'issue d'une réunion de ses chefs, le mouvement Sadr pour l'ouest de capitale (divisée en deux par le fleuve Tigre) a appelé à la fin des opérations contre l'armée du Mahdi et à la libération des miliciens actuellement emprisonnés, exigeant également "des excuses officielles" du gouvernement. "Si le gouvernement ne répond pas à nos demandes d'ici 24 heures, nous aurons plusieurs moyens de répondre: la plus simple pour commencer sera la grève et la désobéissance civique", avaient affirmé ces responsables sadristes. L'armée du Mahdi, a annoncé lundi s'être "mise en grève" dans la partie ouest de Bagdad, dans un mouvement de "désobéissance civique" pour protester contre les arrestations de ses membres. "Le gouvernement n'a pas répondu à nos demandes, nous avons donc décidé de nous mettre en grève ce jour à partir de 15H00 (12H00 GMT) et de lancer un mouvement de désobéissance civique", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de l'armée du Mahdi dans l'ouest de la capitale, Abdallah Rikabi. "Ce mouvement sera pacifique, nous ne forcerons personne à fermer boutique et seuls ceux qui veulent y prendre part y participeront", a affirmé M. Ribaki. Plusieurs rassemblements ont été signalés dans l'après-midi dans des quartiers de l'ouest de la capitale, notamment à Al-Baya, Al-Sholla, et al-Amel, traditionnels fiefs de l'armée du Mahdi. La milice entend ainsi protester contre les opérations menées ces dernières semaines par l'armée américaine et les forces de sécurité irakiennes contre ses membres. Moqtada Sadr respecte depuis fin août 2007 un cessez-le-feu unilatéral et sa milice, l'une des plus puissantes du pays avec plusieurs dizaines de milliers de combattants, s'est abstenue de toute opération contre l'armée irakienne et les troupes américaines. Le gel des activités de l'armée du Mahdi a contribué à une diminution substantielle des attaques contre l’ennemi en Irak. Mais des éléments indisciplinés sont encore actifs. Ces groupes sont systématiquement pourchassés par l'armée irakienne et les troupes américaines, et des affrontements ont régulièrement lieu à Bagdad et dans plusieurs villes du sud chiite du pays. Des courants au sein du mouvement sadriste ont exhorté Sadr à donner l'ordre de reprendre les armes, mais il s'en tient pour le moment à sa trêve renouvelée en février. (Source : AFP / 24 mars)


L'armée du Mahdi en action

25-03  Des salves de roquettes et de mortier ont été tirées durant la journée contre des bases militaires américaines à Bagdad et la "zone verte" ultra-fortifiée, où se trouvent les bâtiments du gouvernement et les ambassades des pays participant à la coalition militaire occidentale d'occupation.(Reuters) Tabassum Zakaria Reuters - Vendredi 21 mars, 17h46

25-03 L'armée irakienne a entrepris de rétablir son autorité sur Bassorah où de violents combats étaient signalés avec l'Armée du Mahdi qui se disputent le contrôle de la grande ville du Sud environnée de 80% des réserves pétrolières du pays. les combats ont fait tués 40 personnes et blessées 200, a indiqué à Reuters un responsable médical. "Je confirme que le bilan des morts s'élève à 40 et que 200 personnes ont été blessées entre le début des affrontements hier (mardi) et 09h00 (06h00 GMT) ce matin. Les victimes sont des civils, des miliciens et des militaires", a déclaré le responsable, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat. Les sadristes, se sont également soulevés dans plusieurs autres villes où ils ont manifesté et ont affronté les forces de police.. Dans un communiqué publié à Nadjaf, Sadr, fait un appel : "Nous appelons tous les Irakiens à organiser des sit-ins dans tout l'Irak en premier lieu. Si les exigences du peuple ne sont pas respectées par le gouvernement, la deuxième étape sera de déclarer la révolte civile à Bagdad et dans toutes les autres provinces", a-t-il averti en évoquant en outre une "troisième mesure", qu'il a jugé "prématuré" de dévoiler. Selon des sources policières, les sadristes ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville de Kout, dans le sud du pays. Des affrontements entre la police et des miliciens armés sadristes ont également été signalés à Samoua, Hilla, Nassiriya et Diouaniya.

A Bagdad, des combats y ont éclaté en plusieurs points entre Armée du Mehdi et milice Badr, la branche armée du Conseil suprême islamique en Irak (CSII), l'autre principal courant chiite national, que les sadristes accusent Washington de soutenir. Peter Harling, analyste de l'International Crisis Group basé à Damas, estime que l'appel à la désobéissance civile de Sadr, reflète la pression croissante de sa base qui estime que sa trêve a été utilisée par le pouvoir pour liquider le mouvement. Des policiers irakiens en patrouille dans le quartier de Chourta, à Bagdad, ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi par des membres de l’Armée du Mahdi, malgré le cessez-le-feu proclamé par leur chef de file, l’imam Moktada Sadr. . (Reuters- Aref Mohammed, version française Gregory SchwartzMarc Delteil et Gwénaëlle Barzic



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir?

Michael Calingaert, politologue américain, répond aux questions de Sébastien Faure sur la place de la guerre dans la campagne américaine. [TSR] La guerre en Irak débutait il y a 5 ans. Quel bilan tirer de cette aventure? Qui de Clinton, Obama ou McCain est à même de sortir de cette crise? Esquisse de réponse avec deux politologues américains: Michael Calingaert et Daniel Warner.
Le 19 mars 2003, le premier missile américain s'abattait sur Bagdad. Cinq ans plus tard, le dossier irakien s'ajoute à la crise économique dans l'agenda des candidats à la présidence des Etats-Unis.
Et la question du retrait des troupes ou de l'envoi de contingents supplémentaires prendra de plus en plus d'ampleur d'ici novembre selon Michael Calingaert, politologue à la Brookings Institution à Washington
  http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8879637&wysistatpr=ads_rss_texte 20-03



2 Les Brèves

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

Un corps médical décimé par la guerre, des malades condamnés à se procurer eux-mêmes leurs médicaments : déjà en mauvais état avant l’invasion américaine il y a cinq ans, le système sanitaire irakien se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement. Les médecins spécialistes sont difficiles à trouver. Bagdad, une ville de cinq millions d’habitants, ne dispose pas d’un neurochirurgien, déplore le Dr Hussein al-Hilli, directeur de l’hôpital Ibn Albitar de Bagdad. "C’est quelque chose de terrible, parce qu’il y a énormément de lésions, notamment de la moelle épinière", ajoute ce responsable qui décrit "une pénurie importante de médicaments, un manque de tout", comme du soluté intraveineux. "Cette simple chose, nous ne l’avons pas." Comme beaucoup d’autres domaines, la crise que traverse le système de santé irakien est vaste et complexe, et il n’existe pas de solution rapide pour améliorer les conditions de travail des médecins et la prise en charge de patients. Les médicaments mettent si longtemps à arriver que les Irakiens hospitalisés pour des maladies aussi graves qu’un cancer doivent fournir les leurs. "Quand vous avez besoin d’un traitement, vous allez directement à la pharmacie. On sait qu’on n’obtiendra rien à l’hôpital", déplore Ahmed Khalil, 38 ans, propriétaire d’un garage à Fallujah. Et quand les étagères des pharmacies sont vides, les Irakiens se tournent vers le marché noir. "Avant l’invasion, nous avions notre part des médicaments provenant de l’entrepôt du gouvernement", raconte un pharmacien bagdadi, que la peur des représailles oblige à parler sous le couvert de l’anonymat. Les hôpitaux et cliniques obtiennent des médicaments, mais rarement en quantité suffisante, ajoute-t-il. "Quelquefois, nous obtenons des médicaments volés par les employés qui travaillent à l’entrepôt ou dans les hôpitaux", poursuit-il. Au pire, les médicaments de marché noir sont des contrefaçons, ajoutent les patients, les médecins et les pharmaciens. Selon les chiffres communiqués en début d’année par le ministre de la Santé irakien, 618 personnels médicaux, dont 132 médecins, ont été tués dans le pays depuis 2003. Par ailleurs, des centaines, peut-être des milliers de personnes du monde médical ont sans doute fui vers le nord de l’Irak, au Kurdistan, et vers les régions voisines. (Al-Oufok avec les agences de presse


2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

De nombreux Irakiens n’ont toujours pas accès aux services de première nécessité, comme les soins de santé, de l’eau propre ou des sanitaires, cinq ans après le début de l’invasion de leur pays par la coalition conduite par les Etats-Unis, selon un rapport publié lundi par le Comité international de la Croix-Rouge .La situation humanitaire en Irak figure parmi les plus critiques du monde, estime le CICR, qui ajoute que le conflit actuel a accentué l’impact des précédentes guerres et des années de sanctions internationales. Les hôpitaux irakiens manquent de personnel qualifié et des médicaments les plus ordinaires, les locaux ne sont pas correctement entretenus, et les établissements publics ne disposent que de 30.000 lits, alors qu’il en faudrait presque trois fois plus -80.000. Rares sont les habitants qui peuvent se payer les cliniques privées à 2 ou 7 dollars (€1,30-€4,50) la consultation dans un pays où le salaire quotidien moyen n’atteint pas les 5 dollars (€3,20). Selon la Croix-Rouge qui cite les autorités irakiennes, plus de 2.200 médecins et infirmières ont été tués et plus de 250 enlevés depuis le début de la guerre en mars 2003. Sur les 34.000 médecins enregistrés en 1990, au moins 20.000 ont depuis quitté le pays. Le CICR constate par ailleurs que la fourniture d’eau s’est également détériorée depuis un an, ce qui se traduit par des coupures et l’utilisation d’eau de mauvaise qualité pour des millions d’Irakiens. Les familles ne disposant que d’un revenu dépensent la moitié de cet argent, soit environ 50 dollars (€32) par mois, rien que pour l’eau. La responsable des opérations dans la région souligne que si la sécurité s’est améliorée dans certaines zones du pays, il faut s’attacher à rétablir l’accès de la population aux services de première nécessité pour éviter que la situation humanitaire ne continue de se dégrader. "Une meilleure sécurité dans certaines parties de l’Irak ne doit pas détourner l’attention du marasme dans lequel se trouvent des millions de personnes à peu près abandonnées à leur triste sont livrées à elles-mêmes", a souligné Béatrice Mégevand-Roggo. (Al-Oufok avec les agences de presse)


par MARCUS
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