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Mercredi 26 mars 2008
N°343 - Les Dossiers d'Irak 25/03 (FIN) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction
N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                   Par M.Lemaire         


Sommaire : (suite)

3-8 Point de vue de Axel Roduit : Campagne électorale, la guerre est à l'agenda.

4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage

4-1 Aaron Glantz  “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.

5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...

5-2 Irak : Elimination de l'intelligentsia du pays

1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,

2 Un rapport de Shabakat: « Que faire de l'Irak sauf à détruire ses cerveaux » : Madeleine Albright !

 
5-3 The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

3-8 Point de vue de Axel Roduit : Campagne électorale, la guerre est à l'agenda.

Longtemps relégué au second plan dans la campagne électorale, le débat sur la guerre en Irak a resurgi à l'occasion de ce jubilé et de la récente visite du candidat républicain John McCain à Bagdad, sa huitième depuis l'invasion du pays en 2003.
John McCain a fait du dossier irakien une clef de son succès. Il soutient sans férir l'engagement américain et assure que la décision prise l'an dernier d'envoyer 30'000 soldats américains supplémentaires sur place "porte ses fruits".
Les candidats démocrates à la Maison Blanche ont marqué le 5e anniversaire de la guerre d'Irak, en soulignant mercredi leur volonté de mettre fin à ce conflit tandis que le républicain John McCain insiste pour maintenir des troupes jusqu'à la victoire.
La guerre en Irak est déjà plus longue que la Première et la Seconde Guerre mondiale et aucune solution n'est en vue, a affirmé Barack Obama à Fayetteville en Caroline du Nord. Le candidat démocrate a promis de "mettre fin" à cette guerre qui, selon lui, a rendu "l'Amérique moins sûre" et l'a isolée de ses alliés. Il prévoit de ramener toutes les troupes dans un délai de 16 mois.
Hillary Clinton de son côté a affirmé au cours d'un déplacement à Detroit qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit. Elle a promis de commencer à ramener les soldats américains dans un délai de 60 jours après sa prise de fonction sans toutefois donner un calendrier précis. Par ailleurs, elle a affirmé que c'était aux Irakiens de prendre en main les destinées de leur pays. "Nous ne pouvons pas gagner leur guerre civile", a-t-elle dit.
Axel Roduit/tsrinfo
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8879637&wysistatpr=ads_rss_texte


3-9 Point de vue de Louis Lema : Irak, cauchemar électoral

• Derrière l'économie, la guerre en Irak est l'un des thèmes clés de la campagne présidentielle américaine. L'Irak ou l'économie? Jusqu'en novembre, ce seront les deux piliers de la campagne présidentielle américaine, les deux thèmes autour desquels les camps se formeront et s'affronteront. Cinq ans après le déclenchement de la guerre, son règlement a perdu un peu de son urgence aux Etats-Unis: le nombre de morts est en nette diminution depuis l'envoi de 30000 soldats supplémentaires il y a un an. Et la crise qui frappe des pans entiers de l'économie a pris la relève en tête des préoccupations des Américains.
Scénarios d'après-guerre
Mais l'Irak va revenir par la grande porte. C'est sur cette question que John McCain fonde sa légitimité pour rassembler le camp républicain, se posant en défenseur éclairé de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme. C'est sur l'expédition irakienne que s'appuie aussi Hillary Clinton pour dénoncer «l'échec» de l'administration actuelle, dont elle voit McCain comme le simple continuateur. Et c'est sur l'Irak que se base Barack Obama pour insister sur la pertinence de son «jugement»: des trois, il est le seul à ne pas avoir autorisé l'invasion du pays en tant que sénateur. Le seul, dit-il, à ne pas avoir donné «un chèque en blanc» à George Bush.
Mais au-delà? Hillary Clinton prône un retrait rapide, qui commencerait 60 jours après sa prise de fonctions. Ce serait un retrait de toutes les troupes de combat dans les 16 mois pour Obama. Et pas de retrait du tout pour McCain, qui envisage grosso modo de rendre permanente la présence américaine dans ce pays.
Les propositions des candidats paraissent donc claires, mais elles ne le sont pas. Combien de temps durerait le retrait «progressif» d'Hillary: des mois, des années? Qu'adviendrait-il des «troupes non combattantes», qui tentent de servir d'épine dorsale à ce pays décomposé, après que partiraient les brigades de combat comme le défend Obama? Et comment les Etats-Unis pourraient-ils se permettre de prolonger indéfiniment cette occupation qui représente un gouffre humain et économique et provoque l'hostilité mondiale?
Le tableau général est trop sombre pour qu'une campagne électorale puisse l'éclairer. L'implosion du pays, la guerre civile, un trou noir qui servirait à abriter les mouvements terroristes... autant de scénarios d'après-guerre que tous les analystes s'accordent à envisager et qui rendent aujourd'hui un retrait mal géré au moins aussi risqué qu'une présence maintenue.
Il y a quelques jours, une proche de Barack Obama, Samantha Power, a été dégradée. Elle avait certes qualifié Hillary de «monstre», mais elle avait aussi suggéré que le calendrier de retrait d'Irak proposé par son poulain n'était qu'indicatif. Après les promesses de campagne, la réalité: cet aveu lui a coûté son poste.
Bush persiste et signe
L'Irak est un casse-tête. Et cela, même pour le républicain McCain qui se targue d'en connaître toutes les finesses et qui a choisi ce 5e anniversaire pour rendre visite aux troupes sur le terrain afin d'«occuper» par sa présence le champ électoral. Le vétéran, qui est de toutes les commissions internationales et de sécurité au Sénat, s'emmêlait grossièrement les pinceaux: «Al-Qaida retourne en Iran, s'y entraîne et revient en Irak à partir de l'Iran. Le fait est bien connu», expliquait-il.

Al-Qaida est violemment sunnite, l'Iran chiite. Le sénateur Joseph Lieberman qui accompagnait McCain lui a murmuré quelques mots à l'oreille. «Je suis désolé, corrigeait le candidat: les Iraniens entraînent d'autres extrémistes, pas Al-Qaida»...
Au demeurant, entre l'Irak et l'économie, les électeurs américains ne doivent pas forcément choisir. Dans une étude publiée à l'occasion de cet anniversaire, le Prix Nobel Joseph Stiglitz et l'économiste Linda Bilmes se sont employés à traquer tous les coûts cachés de l'aventure irakienne (LT du 6 mars). Au-delà des aspects militaires à proprement parler, ils passent en revue d'autres conséquences, au premier rang desquelles l'augmentation du prix du pétrole, ou le traitement de dizaines de milliers de blessés de guerre. Bilan: 3000 milliards de dollars dépensés, pratiquement le double de ce que reconnaît le Congrès américain. «Aujourd'hui, le déficit de l'Amérique est tel qu'elle ne peut même plus sauver ses propres banques», estimaient les auteurs dans une interview.
Dans un discours au ton triomphaliste, George Bush expliquait néanmoins mercredi que le succès remporté en Irak après l'envoi de renforts justifie le haut coût humain et financier de la guerre. «Cela en valait la peine», commentait-il. Sans préciser toutefois s'il avait lu l'étude de Joseph Stiglitz.   L
uis Lema    New YorkJeudi 20 mars 2008


4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage Ndlr :La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

4-1 Aaron Glantz  “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.

 En 1971, une centaine de vétérans du Vietnam se retrouvaient à Detroit pour témoigner des atrocités qu’ils avaient perpétrées. Du 13 au 16 mars, des anciens d’Irak feront de même à Washington.

Des anciens combattants américains des guerres d’Irak et d’Afghanistan s’apprêtent à se rendre à Washington du 13 au 16 mars prochain pour témoigner sur les crimes de guerre qu’ils ont commis. La presse ne couvre pas aussi bien qu’elle le devrait la guerre d’Irak, car c’est un théâtre très dangereux pour les journalistes. C’est pourquoi l’opinion américaine a une image aussi fausse de ce qu’est véritablement ­l’occupation militaire, explique Liam Madden, un ancien marine qui milite aujourd’hui au sein de l’association Iraq Veterans Against the War [les vétérans d’Irak contre la guerre]. Cette association affirme que les exemples de brutalité américaine les plus médiatisés – comme le scandale de la prison d’Abou Ghraib et le massacre d’une famille entière d’Irakiens dans la ville d’Haditha – ne sont pas des incidents isolés commis par “une poignée de brebis galeuses” ; ils s’inscrivent dans la logique “d’une occupation de plus en plus meurtrière”. “Le problème auquel nous sommes confrontés en Irak, c’est que les politiciens au pouvoir ont créé un tel précédent d’illégalité que nous foulons aux pieds l’Etat de droit. Nous ne ­respectons pas les conventions internationales et, lorsque ce type de climat est ­installé, il est très propice aux actes criminels”, assure Logan Laituri, un ancien sergent de l’armée de terre qui a servi en Irak de 2004 à 2005, avant d’être rendu à la vie civile comme objecteur de conscience. Selon lui, ce précédent d’illégalité apparaît de façon manifeste dans les manuels de combat que les officiers distribuent à leurs hommes sur le front. Lorsqu’il était en garnison à Samara [au nord de Bagdad], par exemple, l’un de ses camarades a abattu d’une balle un homme désarmé qui marchait dans la rue. “Le problème, c’est que ce soldat n’a pas commis un crime au sens où l’on pourrait l’entendre, car les règles de combat stipulaient très clairement que personne n’était censé se promener dans les rues, poursuit Laituri. Mais c’est justement ce qui pose problème. On ne peut pas demander à des familles de tout quitter pour ­qu’on puisse bombarder tranquillement leurs maisons. Il est vrai que ce soldat peut se prévaloir de la loi pour se défendre, mais je ne pense pas que cela légitime ce type de violences.” L’association Iraq Veterans Against the War a baptisé son rassemblement “Soldat d’hiver” et s’est inspirée d’une manifestation semblable organisée il y a trente-sept ans par les vétérans du Vietnam. En 1971, plus d’une centaine d’anciens combattants réunis sous la bannière de l’association Vietnam Veterans Against the War s’étaient retrouvés à Detroit pour faire entendre leurs témoignages à leurs compatriotes. Les atrocités, comme le massacre de My Lai, avaient enflammé l’opposition à la guerre, mais les dirigeants politiques et militaires affirmaient que ces crimes n’étaient que des cas isolés. “Au début, ils sont allés jusqu’à nier purement et simplement le massacre de My Lai”, rapporte Gerald Nicosia, dont le livre Home to War retrace l’histoire la plus exhaustive qui soit du mouvement des vétérans du Vietnam. “L’armée américaine a toujours démenti ces accusations en les attribuant à quelques ‘soldats qui avaient disjoncté’ ou à une poignée de ‘mécontents’ auxquels on ne pouvait donner aucun crédit. Et c’est pour cela que les Vietnam Veterans Against the War ont organisé cette manifestation à Detroit en 1971. Ils sont tous arrivés avec leurs médailles et ils ont démontré qu’il y avait bien plus d’un ou deux mécontents.”

John Kerry*, alors lieutenant de vaisseau de 27 ans et qui avait servi au Vietnam, était dans le public. Trois mois plus tard, il interpellait le Congrès. En achevant ce qui devait devenir l’un des discours antiguerre les plus célèbres de l’époque, Kerry a déclaré : “Quelqu’un doit mourir pour que le président Nixon ne soit pas le premier président à perdre une guerre. Nous demandons aux Américains de réfléchir à cela, car comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir au ­Vietnam ? Comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir pour une erreur ?” Les citoyens et les anciens combattants américains se retrouvent aujourd’hui exactement dans la même situation, affirme M. Nicosia. “La population américaine dans sa grande majorité est maintenant très mécontente de la guerre en Irak et ne demande qu’à en sortir. Mais les ­Américains ont été élevés dans l’idée que l’Amérique est un pays bon, et je pense qu’il sera bien plus difficile de leur faire prendre conscience des atrocités que nous commettons au nom de l’Amérique que de surmonter les obstacles pour évacuer les troupes d’Irak.” Aaron Glantz  AlterNet 20 mars 2008
* Candidat démocrate à l’élection pré­si­­dentielle de 2004. Sources Courrier International Posté par Adriana Evangelizt
5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...

Aux Etats-Unis, alors que Bush ne regrette toujours rien, ni sa guerre, ni ses morts (les GI comme tous les autres), les démonstrations et les marches se multiplient. Localisées dans les villes à très forte population immigrée, elles rassemblent les jeunes et les vétérans. Les américains sont dans la rue, ils réclament le retour de leurs troupes, la fermeture de Guantanamo et condamnent Bush et son gouvernement. Ils sont plus de 54% à penser que le monde se souviendra de l’intervention des Etats-Unis en Irak comme une des pires opérations, et surtout à ne pas vouloir imaginer quelle issue nous attend si nous persévérons à maintenir nos forces de guerre dans ces régions, comme l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan. Mais que sont-ils aujourd’hui ces Américains qui marchent pour la paix alors que Bush continue à en présider la destinée, et que le monde a détourné d’eux  toute bienveillance ?

Et en Europe, où sont tous ceux qui se sont élevés en 2003 contre la guerre en Irak ?

Où sont tous ceux qui criaient contre Guantanamo et accusaient les Etats-Unis d’agir en tortionnaires ?

Avons –nous oublié que jamais les armes de destruction massive n’ont été retrouvées ?

Avons-nous oublié Abu Ghraib, la déchéance de tous ces prisonniers, tous ces irakiens qui ne nous avaient jamais rien demandé, morts pour une guerre que nous continuons à mener sans même plus savoir pourquoi ?

Quel politique européen élève aujourd’hui sa voix pour condamner cette guerre en Irak, ce « foutoir » en Afghanistan ?

Aujourd’hui ils prennent les visages de Sarkozy l’américaniste, de Merkel en visite officielle en Israël, et obstinément muette sur Gaza, de Tusk qui se soumet et remet l’armée polonaise à Washington... et qui arrivent aujourd’hui à nous faire croire que nous avons libéré un pays de la tyrannie et que nous devons à tout prix encore gagner cette guerre… Il ne me semble pas que nous avions choisi cinq ans auparavant cette voie là… Marianne Ranke-Cormier    20 mars 2008    Sources Newropeans    Posté par Adriana Evangelizt


5-2 Irak : Elimination de l'intelligentsia du pays

1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,

Non contentes d'avoir provoqué la guerre civile en Irak, les forces d'occupation états-unienne auraient organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays, afin de le priver de tout avenir. L'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Selon le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique , le Docteur R'bîi, interviewé par le journal égyptien Al Badil : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre». Les autorités israéliennes sont aussi accusées d'être impliquées dans cette entreprise. Elles auraient constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. (http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/).


2 Un rapport de Shabakat: « Que faire de l'Irak sauf à détruire ses cerveaux » : Madeleine Albright !
Ainsi, plus de 80% des éliminations d'intellectuels et d'hommes de sciences ont touché des universitaires, la moitié des victimes portait le titre de professeur ou de professeur adjoint et plus de la moitié d'entre eux exerçait à l'Université de Bagdad, suivie de celles de Bassora, Mossoul et Al Moustansiria. D'autre part plus de 62% des savants assassinés avaient un diplôme de doctorat et le tiers d'entre eux étaient spécialistes de sciences et de médecine.
Et le Docteur R'bîi d'ajouter : « le développement technologique de l'Irak a été un des motifs de l'invasion illégale de l'Irak et ce, en application de l'idée de Madeleine Albright qui avait déclaré (sic) :« Que pouvons-nous faire de l'Irak sauf détruire ses cerveaux, ce que les bombes atomiques ne sauraient faire ? La destruction des cerveaux irakiens vaut mieux
que son bombardement »
C'est pour cela que la première action des envahisseurs anglo-américains a été de détruire les organismes de recherche scientifique, les universités et les instituts, l'incendie des bibliothèques et des musées et le pillage systématique de leurs trésors. La meilleure preuve de ce que nous avançons est que l'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Nous avons très bien compris la leçon !
Après l'enlèvement du Docteur Ali Mouhawech, doyen de la faculté d'Ingéniorat à l'Université Al Moustansirya et la découverte de son corps, les scientifiques irakiens se sont rendus compte qu'ils vivaient une situation inédite depuis l'invasion mongole en 1228.
Des universitaires avaient reçu des lettres contenant des balles et d'autres des menaces de mort. Ce début avait poussé des universitaires à demander des congés de longue durée pour des recherches à l'étranger.
La menace « de ramener l'Irak au moyen âge », proférée par James Baker au visage des responsables irakiens en 1991, pour les contraindre à coopérer avec son pays, s'est réalisée.
Cette menace signifiait simplement que « si vous n'acceptez pas nos conditions, votre pays sera entièrement détruit et ses structures de résistance démantelées, tout comme l'avait fait Hulagu lorsque ses armées avaient fait des eaux du Tigre un mélange de sang, d'encre et de papier !!!
Les anglo-américains connaissaient dans les moindres détails la teneur du projet scientifique et technologique irakien du président Saddam Hussein, qui consistait à doter l'Irak d'un système scientifique et technologique cohérent, capable de garantir l'indépendance nationale et d'en faire un pays avec lequel il faudrait compter.
C'est pour cette raison, que juste un jour après l'occupation de l'Irak le 9 avril 2003, les forces d'occupation avaient arrêté le Docteur Ameur Assâadi, conseiller scientifique du président Saddam Hussein, toujours en prison, puis, par la suite, les Docteurs Houda Ammache et Rihab Taha, relâchées plus tard suite à la détérioration de leur état de santé et en l'absence de preuves de leur culpabilité.
Quelques jours plus tard, ce fut le Docteur Erraoui, doyen de la faculté de médecine de Bagdad et des médecins irakiens, qui a été assassiné. Puis ce fut une longue série d'assassinats en plein jour, ayant coûté la vie à plus de 1.500 scientifiques irakiens, parmi lesquels, les docteurs Mohamed Hussein , professeur de thermodynamique et de technologie de l'aviation, Mouhannad Dlimi, et Ghaleb Al Haithi, professeurs à l'université de technologie de Bagdad.
Tout cela s'est accompagné évidemment de destructions d'usines, de laboratoires et de centres de recherche scientifique.
Israël n'est pas demeuré inactif puisqu'il s'est investi dans cette sale opération et ses services spéciaux ont constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. C'est ainsi que depuis l'occupation de l'Irak, Israël a reçu plus de 150 professeurs et 4.000 étudiants irakiens, en plus des bourses du sinistre Kanâan Mekkia, du doctorat Honoris Causa de l'université de Tel Aviv et du magistère attribués respectivement à Tahar Labib et Mahmoud Abou Salah.
Le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique ajoute : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre. C'est un désordre d'une « minutieuse organisation » imaginé par les occupants, qui représente les intrépides envahisseurs sous l'aspect de simplistes, dépassés par les événements et incapables d'arrêter les violations des édifices de l'Etat et des organismes officiels tels que les banques, les universités, les usines, les centres de recherche, les musées, les bibliothèques et tous ses trésors historiques.
Un désordre total et continu, comparable aux graphiques sur ordinateurs qui s'auto- reproduisent à l'infini. C'est ainsi que nous assistons au détournement des immenses ressources financières des irakiens, à une corruption jamais égalée auparavant, aux pots-de-vin aux montants faramineux dans des projets fictifs ou illusoires tels que les élections et le pouvoir fédéral. Un désordre d'une précision comparable aux phénomènes physiques et dont l'objectif est de semer la discorde, de détruire l'unité nationale et les structures de l'Etat, alors que le projet d'édification de la plus grande ambassade américaine et de 14 bases militaires sur toute l'étendue de l'Irak, continue de plus belle.
Dans son interview donnée au journal égyptien Al Badil, le professeur R'Bîi ajoute : « les conclusions de la première étude statistique sur le massacre des scientifiques et ingénieurs irakiens, présentée le mois dernier au congrès tenu à cet effet à Madrid, révèlent que le docteur Mouhawech a été le 4ème doyen de l'université Al Moustansirya à être tué.
D'autres ont connu ce sort avant lui, tels que les doyens des facultés de médecine, d'éducation, de droit ainsi que les adjoints aux doyens des facultés de Sciences, d'administration et de sciences économiques et des chefs de départements d'arabe, d'allemand, d'éducation et des études du monde arabe et de droit. Ces éminentes personnalités appartiennent à toutes les religions et les confessions, ce qui prouve que leurs assassins ne sont pas irakiens.
Shabakat
17/03/2008
Traduit de l'arabe par Ahmed Manai www.tunisitri.net/
et révisé par Janine Borel
http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/

par MARCUS publié dans : irak
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