25/03/08 Par M.Lemaire
3-8 Point de vue de Axel Roduit : Campagne électorale, la guerre est à l'agenda.
4 Courrier des lecteurs & trouvé sur le net & témoignage
4-1 Aaron Glantz “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.
5 Analyse - Géopolitique et stratégie – Réflexion
5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...
5-2 Irak : Elimination de l'intelligentsia du pays
1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,
2 Un rapport de Shabakat: « Que faire de l'Irak sauf à détruire ses cerveaux » : Madeleine Albright !
Longtemps relégué au second plan dans la campagne électorale, le débat sur la guerre en Irak a resurgi à l'occasion de ce jubilé et
de la récente visite du candidat républicain John McCain à Bagdad, sa huitième depuis l'invasion du pays en 2003.
John McCain a fait du dossier irakien une clef de son succès. Il soutient sans férir l'engagement américain et assure que la décision prise l'an dernier d'envoyer 30'000 soldats américains
supplémentaires sur place "porte ses fruits".
Les candidats démocrates à la Maison Blanche ont marqué le 5e anniversaire de la guerre d'Irak, en soulignant mercredi leur volonté de mettre fin à ce conflit tandis que le républicain John
McCain insiste pour maintenir des troupes jusqu'à la victoire.
La guerre en Irak est déjà plus longue que la Première et la Seconde Guerre mondiale et aucune solution n'est en vue, a affirmé Barack Obama à Fayetteville en Caroline du Nord. Le candidat
démocrate a promis de "mettre fin" à cette guerre qui, selon lui, a rendu "l'Amérique moins sûre" et l'a isolée de ses alliés. Il prévoit de ramener toutes les troupes dans un délai de 16
mois.
Hillary Clinton de son côté a affirmé au cours d'un déplacement à Detroit qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit. Elle a promis de commencer à ramener les soldats américains dans
un délai de 60 jours après sa prise de fonction sans toutefois donner un calendrier précis. Par ailleurs, elle a affirmé que c'était aux Irakiens de prendre en main les destinées de leur pays.
"Nous ne pouvons pas gagner leur guerre civile", a-t-elle dit.
Axel Roduit/tsrinfo http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8879637&wysistatpr=ads_rss_texte
• Derrière l'économie, la guerre en Irak est l'un des thèmes clés de la campagne présidentielle américaine. L'Irak ou l'économie? Jusqu'en novembre, ce seront les deux piliers de la campagne présidentielle américaine, les deux
thèmes autour desquels les camps se formeront et s'affronteront. Cinq ans après le déclenchement de la guerre, son règlement a perdu un peu de son urgence aux Etats-Unis: le nombre de morts est
en nette diminution depuis l'envoi de 30000 soldats supplémentaires il y a un an. Et la crise qui frappe des pans entiers de l'économie a pris la relève en tête des préoccupations des
Américains.
Scénarios d'après-guerre
Mais l'Irak va revenir par la grande porte. C'est sur cette question que John McCain fonde sa légitimité pour rassembler le camp républicain, se posant en défenseur éclairé de la sécurité
nationale et de la lutte contre le terrorisme. C'est sur l'expédition irakienne que s'appuie aussi Hillary Clinton pour dénoncer «l'échec» de l'administration actuelle, dont elle voit McCain
comme le simple continuateur. Et c'est sur l'Irak que se base Barack Obama pour insister sur la pertinence de son «jugement»: des trois, il est le seul à ne pas avoir autorisé l'invasion du pays
en tant que sénateur. Le seul, dit-il, à ne pas avoir donné «un chèque en blanc» à George Bush.
Mais au-delà? Hillary Clinton prône un retrait rapide, qui commencerait 60 jours après sa prise de fonctions. Ce serait un retrait de toutes les troupes de combat dans les 16 mois pour Obama. Et
pas de retrait du tout pour McCain, qui envisage grosso modo de rendre permanente la présence américaine dans ce pays.
Les propositions des candidats paraissent donc claires, mais elles ne le sont pas. Combien de temps durerait le retrait «progressif» d'Hillary: des mois, des années? Qu'adviendrait-il des
«troupes non combattantes», qui tentent de servir d'épine dorsale à ce pays décomposé, après que partiraient les brigades de combat comme le défend Obama? Et comment les Etats-Unis pourraient-ils
se permettre de prolonger indéfiniment cette occupation qui représente un gouffre humain et économique et provoque l'hostilité mondiale?
Le tableau général est trop sombre pour qu'une campagne électorale puisse l'éclairer. L'implosion du pays, la guerre civile, un trou noir qui servirait à abriter les mouvements terroristes...
autant de scénarios d'après-guerre que tous les analystes s'accordent à envisager et qui rendent aujourd'hui un retrait mal géré au moins aussi risqué qu'une présence maintenue.
Il y a quelques jours, une proche de Barack Obama, Samantha Power, a été dégradée. Elle avait certes qualifié Hillary de «monstre», mais elle avait aussi suggéré que le calendrier de retrait
d'Irak proposé par son poulain n'était qu'indicatif. Après les promesses de campagne, la réalité: cet aveu lui a coûté son poste.
Bush persiste et signe
L'Irak est un casse-tête. Et cela, même pour le républicain McCain qui se targue d'en connaître toutes les finesses et qui a choisi ce 5e anniversaire pour rendre visite aux troupes sur le
terrain afin d'«occuper» par sa présence le champ électoral. Le vétéran, qui est de toutes les commissions internationales et de sécurité au Sénat, s'emmêlait grossièrement les pinceaux:
«Al-Qaida retourne en Iran, s'y entraîne et revient en Irak à partir de l'Iran. Le fait est bien connu», expliquait-il.
Al-Qaida est violemment sunnite, l'Iran chiite. Le sénateur Joseph Lieberman qui accompagnait McCain lui a
murmuré quelques mots à l'oreille. «Je suis désolé, corrigeait le candidat: les Iraniens entraînent d'autres extrémistes, pas Al-Qaida»...
Au demeurant, entre l'Irak et l'économie, les électeurs américains ne doivent pas forcément choisir. Dans une étude publiée à l'occasion de cet anniversaire, le Prix Nobel Joseph Stiglitz et
l'économiste Linda Bilmes se sont employés à traquer tous les coûts cachés de l'aventure irakienne (LT du 6 mars). Au-delà des aspects militaires à proprement parler, ils passent en revue
d'autres conséquences, au premier rang desquelles l'augmentation du prix du pétrole, ou le traitement de dizaines de milliers de blessés de guerre. Bilan: 3000 milliards de dollars dépensés,
pratiquement le double de ce que reconnaît le Congrès américain. «Aujourd'hui, le déficit de l'Amérique est tel qu'elle ne peut même plus sauver ses propres banques», estimaient les auteurs dans
une interview.
Dans un discours au ton triomphaliste, George Bush expliquait néanmoins mercredi que le succès remporté en Irak après l'envoi de renforts justifie le haut coût humain et financier de la guerre.
«Cela en valait la peine», commentait-il. Sans préciser toutefois s'il avait lu l'étude de Joseph Stiglitz. Luis
Lema New YorkJeudi 20 mars 2008
4-1 Aaron Glantz “Soldat d’hiver” : “Ces crimes qu’en Irak j’ai commis en votre nom”.
En 1971, une centaine de vétérans du Vietnam se retrouvaient à Detroit pour témoigner des atrocités qu’ils avaient perpétrées. Du 13 au 16 mars, des anciens d’Irak feront de même à Washington.
Des anciens combattants américains des guerres d’Irak et d’Afghanistan s’apprêtent à se rendre à Washington du 13 au 16 mars prochain pour témoigner sur les crimes de guerre qu’ils ont commis. “La presse ne couvre pas aussi bien qu’elle le devrait la guerre d’Irak, car c’est un théâtre très dangereux pour les journalistes. C’est pourquoi l’opinion américaine a une image aussi fausse de ce qu’est véritablement l’occupation militaire”, explique Liam Madden, un ancien marine qui milite aujourd’hui au sein de l’association Iraq Veterans Against the War [les vétérans d’Irak contre la guerre]. Cette association affirme que les exemples de brutalité américaine les plus médiatisés – comme le scandale de la prison d’Abou Ghraib et le massacre d’une famille entière d’Irakiens dans la ville d’Haditha – ne sont pas des incidents isolés commis par “une poignée de brebis galeuses” ; ils s’inscrivent dans la logique “d’une occupation de plus en plus meurtrière”. “Le problème auquel nous sommes confrontés en Irak, c’est que les politiciens au pouvoir ont créé un tel précédent d’illégalité que nous foulons aux pieds l’Etat de droit. Nous ne respectons pas les conventions internationales et, lorsque ce type de climat est installé, il est très propice aux actes criminels”, assure Logan Laituri, un ancien sergent de l’armée de terre qui a servi en Irak de 2004 à 2005, avant d’être rendu à la vie civile comme objecteur de conscience. Selon lui, ce précédent d’illégalité apparaît de façon manifeste dans les manuels de combat que les officiers distribuent à leurs hommes sur le front. Lorsqu’il était en garnison à Samara [au nord de Bagdad], par exemple, l’un de ses camarades a abattu d’une balle un homme désarmé qui marchait dans la rue. “Le problème, c’est que ce soldat n’a pas commis un crime au sens où l’on pourrait l’entendre, car les règles de combat stipulaient très clairement que personne n’était censé se promener dans les rues, poursuit Laituri. Mais c’est justement ce qui pose problème. On ne peut pas demander à des familles de tout quitter pour qu’on puisse bombarder tranquillement leurs maisons. Il est vrai que ce soldat peut se prévaloir de la loi pour se défendre, mais je ne pense pas que cela légitime ce type de violences.” L’association Iraq Veterans Against the War a baptisé son rassemblement “Soldat d’hiver” et s’est inspirée d’une manifestation semblable organisée il y a trente-sept ans par les vétérans du Vietnam. En 1971, plus d’une centaine d’anciens combattants réunis sous la bannière de l’association Vietnam Veterans Against the War s’étaient retrouvés à Detroit pour faire entendre leurs témoignages à leurs compatriotes. Les atrocités, comme le massacre de My Lai, avaient enflammé l’opposition à la guerre, mais les dirigeants politiques et militaires affirmaient que ces crimes n’étaient que des cas isolés. “Au début, ils sont allés jusqu’à nier purement et simplement le massacre de My Lai”, rapporte Gerald Nicosia, dont le livre Home to War retrace l’histoire la plus exhaustive qui soit du mouvement des vétérans du Vietnam. “L’armée américaine a toujours démenti ces accusations en les attribuant à quelques ‘soldats qui avaient disjoncté’ ou à une poignée de ‘mécontents’ auxquels on ne pouvait donner aucun crédit. Et c’est pour cela que les Vietnam Veterans Against the War ont organisé cette manifestation à Detroit en 1971. Ils sont tous arrivés avec leurs médailles et ils ont démontré qu’il y avait bien plus d’un ou deux mécontents.”
John Kerry*, alors lieutenant de vaisseau de 27 ans et qui avait servi au Vietnam, était dans le public. Trois mois plus tard, il interpellait le Congrès. En achevant ce qui devait devenir l’un des discours antiguerre les plus célèbres de l’époque, Kerry a déclaré : “Quelqu’un doit mourir pour que le président Nixon ne soit pas le premier président à perdre une guerre. Nous demandons aux Américains de réfléchir à cela, car comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir au Vietnam ? Comment peut-on demander à un homme d’être le dernier homme à mourir pour une erreur ?” Les citoyens et les anciens combattants américains se retrouvent aujourd’hui exactement dans la même situation, affirme M. Nicosia. “La population américaine dans sa grande majorité est maintenant très mécontente de la guerre en Irak et ne demande qu’à en sortir. Mais les Américains ont été élevés dans l’idée que l’Amérique est un pays bon, et je pense qu’il sera bien plus difficile de leur faire prendre conscience des atrocités que nous commettons au nom de l’Amérique que de surmonter les obstacles pour évacuer les troupes d’Irak.” Aaron Glantz AlterNet 20 mars 2008Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
5-1 Marianne Ranke-Cormier : Irak : un anniversaire ? Oui, fêtons aujourd’hui celui de l’Europe qui a capitulé face à l'Amérique ...
Aux Etats-Unis, alors que Bush ne regrette toujours rien, ni sa guerre, ni ses morts (les GI comme tous les autres), les démonstrations et les marches se multiplient. Localisées dans les villes à très forte population immigrée, elles rassemblent les jeunes et les vétérans. Les américains sont dans la rue, ils réclament le retour de leurs troupes, la fermeture de Guantanamo et condamnent Bush et son gouvernement. Ils sont plus de 54% à penser que le monde se souviendra de l’intervention des Etats-Unis en Irak comme une des pires opérations, et surtout à ne pas vouloir imaginer quelle issue nous attend si nous persévérons à maintenir nos forces de guerre dans ces régions, comme l’Irak, l’Afghanistan ou le Pakistan. Mais que sont-ils aujourd’hui ces Américains qui marchent pour la paix alors que Bush continue à en présider la destinée, et que le monde a détourné d’eux toute bienveillance ?
Et en Europe, où sont tous ceux qui se sont élevés en 2003 contre la guerre en Irak ?
Où sont tous ceux qui criaient contre Guantanamo et accusaient les Etats-Unis d’agir en tortionnaires ?
Avons –nous oublié que jamais les armes de destruction massive n’ont été retrouvées ?
Avons-nous oublié Abu Ghraib, la déchéance de tous ces prisonniers, tous ces irakiens qui ne nous avaient jamais rien demandé, morts pour une guerre que nous continuons à mener sans même plus savoir pourquoi ?
Quel politique européen élève aujourd’hui sa voix pour condamner cette guerre en Irak, ce « foutoir » en Afghanistan ?
Aujourd’hui ils prennent les visages de Sarkozy l’américaniste, de Merkel en visite officielle en Israël, et obstinément muette sur Gaza, de Tusk qui se soumet et remet l’armée polonaise à Washington... et qui arrivent aujourd’hui à nous faire croire que nous avons libéré un pays de la tyrannie et que nous devons à tout prix encore gagner cette guerre… Il ne me semble pas que nous avions choisi cinq ans auparavant cette voie là… Marianne Ranke-Cormier 20 mars 2008 Sources Newropeans Posté par Adriana Evangelizt
1 En Irak, les forces d'occupation états-unienne ont organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays,
Non contentes d'avoir provoqué la guerre civile en Irak, les forces d'occupation états-unienne auraient organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays, afin de le priver de tout avenir. L'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Selon le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique , le Docteur R'bîi, interviewé par le journal égyptien Al Badil : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre». Les autorités israéliennes sont aussi accusées d'être impliquées dans cette entreprise. Elles auraient constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. (http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/).
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