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Mercredi 26 mars 2008
3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Hocine Malti : Les guerres de Bush pour le pétrole. La guerre en Irak puis son envahissement par l’armée américaine avait pour motif officiel la recherche d’armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé posséder ; on se souvient de la prestation ridicule de Colin Powell, secrétaire d’Etat, devant le Conseil de sécurité des Nations Unis, expliquant à la planète entière comment les "chercheurs" irakiens préparaient ces armes à l’intérieur de cabines ressemblant à des camping cars. Depuis tout le monde a compris que la véritable motivation américaine était de s’emparer des immenses richesses pétrolières du pays.  A la veille de l’invasion de l’Irak, plus de la moitié du pétrole brut consommé aux Etats-Unis provenait de l’exportation ; c’était une situation insoutenable selon les termes de la doctrine pétrolière de George W. Bush, telle qu’élaborée par le NEPD group.Les néo cons de la Maison Blanche avaient décrété, bien avant l’élection de novembre 2000, que l’Irak avec ses 10 000 à 30 000 milliards de dollars de réserves pétrolières était vital pour les intérêts nationaux sécuritaires des Etats-Unis. Dans le chapitre ayant pour titre "Rebuilding America’s Defence", contenu dans le programme qu’ils avaient préparé en vue de la conquête de la Maison Blanche (The project for a new American century), ils annonçaient qu’ils s’attacheraient, une fois arrivés au pouvoir, à sécuriser et à étendre l’influence américaine au monde entier ; dans le cas particulier de l’Irak et de la Corée du Nord, leur but était de détrôner les dirigeants de ces deux pays. Ils savaient par avance que la mise en application d’un tel programme coûterait extrêmement cher, entraînerait des guerres et risquait de ne pas être avalisé par le peuple américain ; il fallait donc, disaient-ils, "pour changer les mentalités aux USA et vaincre les résistances éventuelles, que le pays subisse un nouveau Pearl Harbour !"      Dans ses mémoires "The price of loyalty" (Le prix de la loyauté), Paul O’Neil, secrétaire au Trésor au moment des faits, rapporte que lors de la première réunion du Conseil national de sécurité, tenue le 30 janvier 2001, soit une dizaine de jours après l’arrivée de George W. Bush à la Maison Blanche , Donald Rumsfeld, secrétaire à la défense, déclarait : « Nous devons laisser tomber la politique de Clinton sur Israël et la Palestine et aller chercher Saddam ».  Cette recommandation fut transmise au groupe du NEPD qui décida alors qu’augmenter la part des Etats-Unis dans la production et la commercialisation du brut dans le monde devrait être la principale préoccupation de la politique énergétique américaine au plan international, la recherche d’alternatives au pétrole ou la conservation d’énergie ne venant qu’en deuxième ou troisième position. Il était dit dans le rapport établi par ce groupe que "le but principal de l’administration serait de convaincre, voire obliger les états de la région [le Moyen Orient] d’ouvrir leurs zones pétrolifères à l’investissement étranger et remplacer le contrôle national, c'est-à-dire celui de l’OPEP, par le pouvoir de décision des multinationales soumises  au contrôle de l’Amérique et sensibles aux intérêts de l’Occident".  Les choses allaient devenir encore plus claires suite à la plus grande collaboration qui s’instaura alors entre le NSC (National Security Council) et le NEPD et à la fusion de leurs objectifs respectifs ; ainsi, "revoir la politique opérationnelle à adopter envers les états voyous", des uns (le NSC), devint "les actions à mener pour capturer des champs de pétrole et gaz existants ou à découvrir", des autres (le NEPD).

C’est toujours Paul O’Neil qui nous dit cela dans ses mémoires, lui qui a été membre des deux groupes ; il nous rapporte aussi qu’en mars 2001, les plans pour envahir et occuper l’Irak étaient déjà prêts et qu’il y était prévu, la prise en mains des champs pétroliers, l’installation de forces de "maintien de la paix" et la création de tribunaux pour juger les crimes de guerre.  De son côté Alan Greenspan, ex président de la Réserve fédérale, nous dit dans ses mémoires "The age of turbulence" (L’âge de la turbulence) : « Je suis atterré de constater qu’il est  politiquement incorrect d’admettre ce que tout le monde sait, à savoir que la guerre en Irak a  pour raison essentielle le pétrole ». Il explique clairement « qu’à partir du moment où l’ex-  allié Saddam Hussein était devenu un ennemi, il fallait l’enlever pour que la source du pétrole irakien ne reste plus entre ses mains et soit transférée aux forces du marché », c'est-à-dire les multinationalesTout comme les membres du NEPD Group, Alan Greenspan pensait qu’il fallait soustraire le pétrole au contrôle de Saddam, mais aussi à celui de tout gouvernement irakien ; ainsi disait-il, « on empêcherait une OPEP affaiblie d’exercer une  pression quelconque sur les Etats-Unis ». La vision des néo cons de la Maison Blanche allait d’ailleurs au-delà, puisque pour eux l’Irak ne représentait qu’une première étape, le but ultime étant l’Iran. Leur mot d’ordre de l’époque était "Everyone wants to go to Baghdad . Real men want to go to Tehran"(Tout le monde veut aller à Bagdad . Les vrais hommes veulent aller à Téhéran). Mais revenons encore une fois aux mémoires de Paul O’Neil, qui nous rapporte que le point n° 1 de l’ordre du jour de la première réunion du NSC, tenue le 30 janvier 2001, soit quelques jours après l’arrivée de George W. Bush à la Maison Blanche , était l’Irak. La réunion suivante, tenue le 1er février 2001, ne portait elle que sur  l’Irak. Parmi les documents remis aux membres du NSC, figurait une étude de la DIA (Defence Intelligence Agency) qui listait les champs de pétrole et de gaz irakiens avec leurs caractéristiques, qui indiquait quelles seraient les compagnies pétrolières américaines candidates à la prise en mains de ces champs, ainsi que les blocs d’exploration à attribuer avec des propositions quant aux éventuels attributaires.  Un autre témoignage nous est fourni par Falah Al Jaboury, un consultant pétrolier ayant la double nationalité américaine et irakienne et qui avait déjà servi de contact avec Saddam Hussein, du temps de la présidence de Ronald Reagan ; il nous dit comment pendant que Colin Powell cherchait à nous convaincre que la guerre qui se profilait contre l’Irak avait pour unique but la recherche d’armes de destruction massive, le Département d’Etat était en possession d’un plan pour le pétrole irakien, établi par les "majors" pétroliers, avec l’assistance de l’université Rice au Texas, qui prévoyait de maintenir en l’état la compagnie nationale des pétroles INOC, mais d’y nommer des managers acquis aux thèses américaines, avant de l’ouvrir à la privatisation. De son côté, la BBC a diffusé le plan secret du Pentagone, établi avant la guerre, qui consistait à vendre tous les gisements pétroliers irakiens aux multinationales et à augmenter la production de tous les champs nettement au-delà du quota arrêté par l’OPEP, de manière à  affaiblir puis détruire cette organisation.  La revue spécialisée Oil & Gas International révélait, dans une parution d’octobre 2002, sa version des plans pétroliers de George W. Bush pour l’Irak, en 3 points : 

a/ - Comment réhabiliter l’industrie pétrolière irakienne et comment augmenter l’exportation  de pétrole pour couvrir le coût de l’occupation militaire du pays ; 

b/ -  Fallait-il revoir la participation de l’Irak à l’OPEP ? 

c/ - Fallait-il ou non honorer les contrats attribués par Saddam Hussein à des compagnies pétrolières non américaines ? 

Rappelons enfin comment l’armée américaine, une fois entrée dans Bagdad, avait laissé faire des bandes de casseurs qui avaient envahi tous les bâtiments publics, y avaient dérobé tous les objets de valeur et y avaient souvent mis le feu ; il n’est pas jusqu’aux musées qui n’ont été laissé à l’abandon et d’où ont disparu des trésors de l’humanité, dont certains ont été ensuite retrouvés aux Etats-Unis. Un seul bâtiment a échappé à ce genre de razzia, le ministère des pétroles qui a été gardé comme une véritable forteresse.  Mais là n’est pas la fin de l’histoire. S’accaparer des immenses richesses pétrolières de l’Irak continue d’être l’unique objectif de l’administration américaine et des Républicains en particulier. N’a-t-on pas entendu John Mc Cain déclarer que, si nécessaire, l’armée américaine resterait encore mille ans en Irak ?  La privatisation de l’entreprise nationale des pétroles n’a cependant pas abouti en raison de l’opposition d’une partie du clergé chiite et de la résistance irakienne. C’est à partir du moment où ont commencé à circuler les rumeurs de privatisation que celle-ci a déclenché des opérations de sabotage des installations pétrolières, des pipelines en particulier. Un seul a échappé à la vague de dynamitage, c’est l’oléoduc qui évacue le pétrole de la région de Kirkouk, au nord de l’Irak vers le terminal de Ceyhan en Turquie. Ce n’est pas par hasard que ce pipeline a d’emblée été ultra sécurisé ; l’administration américaine tenait à favoriser, par ce geste, le pouvoir en place au Kurdistan pour la loyauté et le soutien qu’il lui avait exprimés depuis longtemps. L’idée derrière ce calcul était de provoquer la guerre civile dans le pays,  voire la scission en trois zones autonomes, (nord, sud et centre), car il était prévu que chacune de ces zones collecterait à son seul bénéfice les revenus engrangés par les richesses pétrolières qu’elle recèle. Sachant que le pétrole se trouve essentiellement au nord et au sud de l’Irak, que la région de Bassorah est restée relativement calme depuis le début du conflit, c’était aussi là une manière de sanctionner la région centre, celle qui avait détenu le pouvoir du temps de Saddam Hussein. Ce calcul a failli réussir car il correspondait, dans une certaine mesure, au ressentiment éprouvé par les populations du nord et du sud, vis-à-vis de leurs concitoyens du centre du pays.    C’est finalement grâce à la sagesse et à la clairvoyance de certains députés - il en existe encore, ce qui n’est pas le cas des parlementaires et du président algériens qui ont été sur le point de brader les richesses pétrolières de leur pays en raison, nous avait-on dit, des menaces proférées par les Américains - mais c’est grâce aussi au réflexe patriotique d’une partie du clergé chiite, que le pétrole irakien n’est pas tombé dans l’escarcelle américaine. C’est la nouvelle constitution irakienne, adoptée par référendum en octobre 2005 qui a, en fin de compte, tué l’idée de privatisation, puisque l’article 109 de ce texte dit clairement que les hydrocarbures sont propriété nationale irakienne. 

lire fin sur       http://www.algeria-watch.org/

par MARCUS
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Mercredi 26 mars 2008
N°343-Les Dossiers d'Irak 25/03 (Début) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction
N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                       Par M.Lemaire         


NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be
Sommaire :

Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres?

Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève",

L'armée du Mahdi en action

1 Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir ?

2 Brèves

2-1 Le nombre total de détenus à Cropper et Bocca est passé d'environ 26.000 à quelque 23.000, a dit un officier.

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

3 Dossier & Point de vue

3-1 Point de vue de Hocine Malti : Les guerres de Bush pour le pétrole.

3-2 Point de vue de Danilo Zolo : Irak - La guerre devient globale.

 


Tiré à part

NATIONS UNIES : Pourquoi ne pas agrandir le Conseil de sécurité de l'ONU de 15 à 22 membres? C'est ce que suggère un texte que s'est procuré vendredi l'Associated Press et qui laisse à l'appréciation des 192 membres de l'ONU de choisir quels pays devraient occuper les nouveaux sièges ainsi créés. Ce document qui s'inscrit dans le cadre d'une réflexion en cours aux Nations unies sur le délicat problème de la réforme de l'assemblée onusienne la plus puissante, laisse également aux 192 Etats-membres le soin de déterminer la durée du mandat de ces nouveaux sièges entre trois options: des mandats de deux ans, cinq ans ou permanents. Le texte abandonne la question sensible du droit de veto à des négociations ultérieures.

De plus en plus de voix s'élèvent en faveur de l'élargissement du Conseil de sécurité de manière à ce que le principal organe de l'ONU reflète davantage le monde d'aujourd'hui et non plus seulement les plus grandes puissances de l'après Seconde Guerre Mondiale, date de création des Nations unies. Mais toutes les précédentes tentatives, depuis 1979, ont échoué à cause des rivalités entre pays-membres sur la taille et la composition d'un conseil élargi. Les profondes divisions sur le sujet ont contraint l'Assemblée générale de l'ONU à laisser en suspens trois propositions de résolution contradictoires en 2005. Le dénommé Groupe des Quatre -Allemagne, Japon, Brésil et Inde- aspire à des sièges permanents sans droit de veto dans un conseil de sécurité élargi à 25 membres.

Un autre groupe de pays d'importance moyenne, dont l'Italie et le Pakistan, qui se baptisent eux-mêmes Union de consensus, veut un conseil de 25 membres avec 10 nouveaux sièges non permanents.L'Union africaine, dont les 53 membres soulignent que leur continent est le seul à ne pas disposer d'un siège permanent au conseil, veut ajouter 11 nouveaux sièges -six permanents dont deux pour l'Afrique avec droit de veto, et cinq non permanents. La nouvelle ébauche de proposition stipule que ces différents groupes maintiennent leurs positions, mais que l'impossibilité de les concrétiser cède désormais la place à "une apparente volonté de négociation sur la base d'une réforme intermédiaire qui passerait par l'identification du plus grand dénominateur commun à ce stade". Plus de 50 ambassadeurs représentant les principaux groupes ayant intérêt à ce que le conseil soit réformé, ont participé mardi à une réunion pour discuter de la nouvelle proposition sous l'égide de l'ambassadeur d'Allemagne auprès de l'ONU, Thomas Matussek. Sur les sept nouveaux sièges prévus par ce texte, deux seraient alloués à des pays africains, deux autres à des pays asiatiques, un à l'Amérique latine et aux Caraïbes, un à l'Europe de l'Ouest et un à l'Europe de l'Est.   Le texte a été élaboré par les ambassadeurs des Pays-Bas, de Roumanie, de Malaisie, de Grande-Bretagne, de Chypre et d'Allemagne avec le soutien des Bahamas et une forte participation de l'Italie, a indiqué Matussek.  Source : Edith M. Lederer AP – Samedi 22 mars


Armée du Mahdi.

L'armée du Mahdi en "grève", Dimanche, à l'issue d'une réunion de ses chefs, le mouvement Sadr pour l'ouest de capitale (divisée en deux par le fleuve Tigre) a appelé à la fin des opérations contre l'armée du Mahdi et à la libération des miliciens actuellement emprisonnés, exigeant également "des excuses officielles" du gouvernement. "Si le gouvernement ne répond pas à nos demandes d'ici 24 heures, nous aurons plusieurs moyens de répondre: la plus simple pour commencer sera la grève et la désobéissance civique", avaient affirmé ces responsables sadristes. L'armée du Mahdi, a annoncé lundi s'être "mise en grève" dans la partie ouest de Bagdad, dans un mouvement de "désobéissance civique" pour protester contre les arrestations de ses membres. "Le gouvernement n'a pas répondu à nos demandes, nous avons donc décidé de nous mettre en grève ce jour à partir de 15H00 (12H00 GMT) et de lancer un mouvement de désobéissance civique", a déclaré dans un communiqué le porte-parole de l'armée du Mahdi dans l'ouest de la capitale, Abdallah Rikabi. "Ce mouvement sera pacifique, nous ne forcerons personne à fermer boutique et seuls ceux qui veulent y prendre part y participeront", a affirmé M. Ribaki. Plusieurs rassemblements ont été signalés dans l'après-midi dans des quartiers de l'ouest de la capitale, notamment à Al-Baya, Al-Sholla, et al-Amel, traditionnels fiefs de l'armée du Mahdi. La milice entend ainsi protester contre les opérations menées ces dernières semaines par l'armée américaine et les forces de sécurité irakiennes contre ses membres. Moqtada Sadr respecte depuis fin août 2007 un cessez-le-feu unilatéral et sa milice, l'une des plus puissantes du pays avec plusieurs dizaines de milliers de combattants, s'est abstenue de toute opération contre l'armée irakienne et les troupes américaines. Le gel des activités de l'armée du Mahdi a contribué à une diminution substantielle des attaques contre l’ennemi en Irak. Mais des éléments indisciplinés sont encore actifs. Ces groupes sont systématiquement pourchassés par l'armée irakienne et les troupes américaines, et des affrontements ont régulièrement lieu à Bagdad et dans plusieurs villes du sud chiite du pays. Des courants au sein du mouvement sadriste ont exhorté Sadr à donner l'ordre de reprendre les armes, mais il s'en tient pour le moment à sa trêve renouvelée en février. (Source : AFP / 24 mars)


L'armée du Mahdi en action

25-03  Des salves de roquettes et de mortier ont été tirées durant la journée contre des bases militaires américaines à Bagdad et la "zone verte" ultra-fortifiée, où se trouvent les bâtiments du gouvernement et les ambassades des pays participant à la coalition militaire occidentale d'occupation.(Reuters) Tabassum Zakaria Reuters - Vendredi 21 mars, 17h46

25-03 L'armée irakienne a entrepris de rétablir son autorité sur Bassorah où de violents combats étaient signalés avec l'Armée du Mahdi qui se disputent le contrôle de la grande ville du Sud environnée de 80% des réserves pétrolières du pays. les combats ont fait tués 40 personnes et blessées 200, a indiqué à Reuters un responsable médical. "Je confirme que le bilan des morts s'élève à 40 et que 200 personnes ont été blessées entre le début des affrontements hier (mardi) et 09h00 (06h00 GMT) ce matin. Les victimes sont des civils, des miliciens et des militaires", a déclaré le responsable, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat. Les sadristes, se sont également soulevés dans plusieurs autres villes où ils ont manifesté et ont affronté les forces de police.. Dans un communiqué publié à Nadjaf, Sadr, fait un appel : "Nous appelons tous les Irakiens à organiser des sit-ins dans tout l'Irak en premier lieu. Si les exigences du peuple ne sont pas respectées par le gouvernement, la deuxième étape sera de déclarer la révolte civile à Bagdad et dans toutes les autres provinces", a-t-il averti en évoquant en outre une "troisième mesure", qu'il a jugé "prématuré" de dévoiler. Selon des sources policières, les sadristes ont pris le contrôle de plusieurs quartiers de la ville de Kout, dans le sud du pays. Des affrontements entre la police et des miliciens armés sadristes ont également été signalés à Samoua, Hilla, Nassiriya et Diouaniya.

A Bagdad, des combats y ont éclaté en plusieurs points entre Armée du Mehdi et milice Badr, la branche armée du Conseil suprême islamique en Irak (CSII), l'autre principal courant chiite national, que les sadristes accusent Washington de soutenir. Peter Harling, analyste de l'International Crisis Group basé à Damas, estime que l'appel à la désobéissance civile de Sadr, reflète la pression croissante de sa base qui estime que sa trêve a été utilisée par le pouvoir pour liquider le mouvement. Des policiers irakiens en patrouille dans le quartier de Chourta, à Bagdad, ont été attaqués dans la nuit de jeudi à vendredi par des membres de l’Armée du Mahdi, malgré le cessez-le-feu proclamé par leur chef de file, l’imam Moktada Sadr. . (Reuters- Aref Mohammed, version française Gregory SchwartzMarc Delteil et Gwénaëlle Barzic



Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1-1 Irak: 5 ans après, quel bilan, quel avenir?

Michael Calingaert, politologue américain, répond aux questions de Sébastien Faure sur la place de la guerre dans la campagne américaine. [TSR] La guerre en Irak débutait il y a 5 ans. Quel bilan tirer de cette aventure? Qui de Clinton, Obama ou McCain est à même de sortir de cette crise? Esquisse de réponse avec deux politologues américains: Michael Calingaert et Daniel Warner.
Le 19 mars 2003, le premier missile américain s'abattait sur Bagdad. Cinq ans plus tard, le dossier irakien s'ajoute à la crise économique dans l'agenda des candidats à la présidence des Etats-Unis.
Et la question du retrait des troupes ou de l'envoi de contingents supplémentaires prendra de plus en plus d'ampleur d'ici novembre selon Michael Calingaert, politologue à la Brookings Institution à Washington
  http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8879637&wysistatpr=ads_rss_texte 20-03



2 Les Brèves

2-2 Le système de santé au bord de l’effondrement.

Un corps médical décimé par la guerre, des malades condamnés à se procurer eux-mêmes leurs médicaments : déjà en mauvais état avant l’invasion américaine il y a cinq ans, le système sanitaire irakien se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement. Les médecins spécialistes sont difficiles à trouver. Bagdad, une ville de cinq millions d’habitants, ne dispose pas d’un neurochirurgien, déplore le Dr Hussein al-Hilli, directeur de l’hôpital Ibn Albitar de Bagdad. "C’est quelque chose de terrible, parce qu’il y a énormément de lésions, notamment de la moelle épinière", ajoute ce responsable qui décrit "une pénurie importante de médicaments, un manque de tout", comme du soluté intraveineux. "Cette simple chose, nous ne l’avons pas." Comme beaucoup d’autres domaines, la crise que traverse le système de santé irakien est vaste et complexe, et il n’existe pas de solution rapide pour améliorer les conditions de travail des médecins et la prise en charge de patients. Les médicaments mettent si longtemps à arriver que les Irakiens hospitalisés pour des maladies aussi graves qu’un cancer doivent fournir les leurs. "Quand vous avez besoin d’un traitement, vous allez directement à la pharmacie. On sait qu’on n’obtiendra rien à l’hôpital", déplore Ahmed Khalil, 38 ans, propriétaire d’un garage à Fallujah. Et quand les étagères des pharmacies sont vides, les Irakiens se tournent vers le marché noir. "Avant l’invasion, nous avions notre part des médicaments provenant de l’entrepôt du gouvernement", raconte un pharmacien bagdadi, que la peur des représailles oblige à parler sous le couvert de l’anonymat. Les hôpitaux et cliniques obtiennent des médicaments, mais rarement en quantité suffisante, ajoute-t-il. "Quelquefois, nous obtenons des médicaments volés par les employés qui travaillent à l’entrepôt ou dans les hôpitaux", poursuit-il. Au pire, les médicaments de marché noir sont des contrefaçons, ajoutent les patients, les médecins et les pharmaciens. Selon les chiffres communiqués en début d’année par le ministre de la Santé irakien, 618 personnels médicaux, dont 132 médecins, ont été tués dans le pays depuis 2003. Par ailleurs, des centaines, peut-être des milliers de personnes du monde médical ont sans doute fui vers le nord de l’Irak, au Kurdistan, et vers les régions voisines. (Al-Oufok avec les agences de presse


2-3 Les Irakiens toujours privés des services de première nécessité, selon la Croix-Rouge .

De nombreux Irakiens n’ont toujours pas accès aux services de première nécessité, comme les soins de santé, de l’eau propre ou des sanitaires, cinq ans après le début de l’invasion de leur pays par la coalition conduite par les Etats-Unis, selon un rapport publié lundi par le Comité international de la Croix-Rouge .La situation humanitaire en Irak figure parmi les plus critiques du monde, estime le CICR, qui ajoute que le conflit actuel a accentué l’impact des précédentes guerres et des années de sanctions internationales. Les hôpitaux irakiens manquent de personnel qualifié et des médicaments les plus ordinaires, les locaux ne sont pas correctement entretenus, et les établissements publics ne disposent que de 30.000 lits, alors qu’il en faudrait presque trois fois plus -80.000. Rares sont les habitants qui peuvent se payer les cliniques privées à 2 ou 7 dollars (€1,30-€4,50) la consultation dans un pays où le salaire quotidien moyen n’atteint pas les 5 dollars (€3,20). Selon la Croix-Rouge qui cite les autorités irakiennes, plus de 2.200 médecins et infirmières ont été tués et plus de 250 enlevés depuis le début de la guerre en mars 2003. Sur les 34.000 médecins enregistrés en 1990, au moins 20.000 ont depuis quitté le pays. Le CICR constate par ailleurs que la fourniture d’eau s’est également détériorée depuis un an, ce qui se traduit par des coupures et l’utilisation d’eau de mauvaise qualité pour des millions d’Irakiens. Les familles ne disposant que d’un revenu dépensent la moitié de cet argent, soit environ 50 dollars (€32) par mois, rien que pour l’eau. La responsable des opérations dans la région souligne que si la sécurité s’est améliorée dans certaines zones du pays, il faut s’attacher à rétablir l’accès de la population aux services de première nécessité pour éviter que la situation humanitaire ne continue de se dégrader. "Une meilleure sécurité dans certaines parties de l’Irak ne doit pas détourner l’attention du marasme dans lequel se trouvent des millions de personnes à peu près abandonnées à leur triste sont livrées à elles-mêmes", a souligné Béatrice Mégevand-Roggo. (Al-Oufok avec les agences de presse)


par MARCUS
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Mercredi 26 mars 2008
Point de vue de Patrick Cockburn : Irak = cinq années d’occupation, cinq années de destruction (traduction)

Extrait    21 mars 2008  Cinq années d’occupation ont détruit l’Irak en tant que nation. Bagdad n’est aujourd’hui qu’un assemblage de ghettos hostiles, chiites ou sunnites, séparés par de hauts murs de béton. Les différents quartiers ont chacun leur propre drapeau. Patrick Cockburn, pour The Independent, témoigne de la désagrégation de la nation irakienne et de la flambée de violence provoquée par l’occupation.

Cinq ans après l’invasion de l’Irak, les USA et le gouvernement iraquien prétendent de pair que l’Irak devient un endroit moins dangereux, mais les mesures prises pour la protection de Mr Maliki nous montrent une autre réalité. Des soldats brandissant des armes ont d’abord bloqué toute circulation dans les rues. Puis, 4 véhicules blindés, chacun avec trois mitrailleurs sur le toit, ont surgi d’une issue fortifiée de la Zone verte, suivis de Humvees américains couleur sable [véhicules de transport léger à roues de l’armée américaine] et d’autres véhicules blindés. Enfin, au milieu du convoi filant à toute vitesse, nous avons pu voir six véhicules aux vitres fumées et à l’épreuve des balles, dont l’un devait transporter Mr Maliki. Ces précautions n’étaient pas excessives car Bagdad reste la ville la plus dangereuse du monde. Le Premier ministre irakien ne faisait là que se rendre au siège du parti Dawa dont il est membre et qui n’est qu’à un demi-mile de la Zone verte, mais ses centaines de gardes de sécurité ont agi comme s’ils rentraient en un territoire ennemi. Cinq années d’occupation ont détruit l’Irak en tant que pays. Bagdad aujourd’hui, c’est une collection de ghettos sunnites et chiites hostiles séparés par des murs de béton. Certains districts ont même des drapeaux nationaux distincts. Les secteurs sunnites arborent l’ancien drapeau irakien avec les trois étoiles du parti Baas et les chiites en exhibent une version nouvelle, adoptée par le gouvernement chiite-kurde. Les Kurdes ont leur propre drapeau. Le gouvernement irakien essaie de donner l’impression que la normalité est de retour. Il a été demandé aux journalistes irakiens de ne pas parler de la poursuite de la violence. Quand une bombe a explosé dans le district de Karada, près de mon hôtel, tuant 70 personnes, la police a frappé et chassé des caméramans de la télévision qui essayaient de prendre des images du carnage. Les USA et leurs alliés n’ont jamais vraiment compris la guerre qu’ils gagnaient, commencée le 19 mars 2003. Leurs armées sont entrées facilement dans Bagdad parce que l’armée irakienne n’a pas combattu. Même ce qu’on appelait les unités d’élite de la Garde républicaine spéciale, bien payées, bien équipées et de la même communauté que Saddam, même elles sont rentrées à la maison. La couverture de la guerre par les télévisions et une grande partie de la presse écrite a été extrêmement trompeuse car elle donnait l’impression de combats généralisés alors qu’il n’en était rien. Je suis entré à Mosul et à Kirkuk, deux villes du nord, le jour où elles avaient été prises sans tirer même un coup de feu. Des chars d’assaut iraquiens incendiés encombraient les bords des routes autour de Bagdad, donnant l’impression de violents combats, mais presque tous avaient été abandonnés par leur équipage avant d’être brûlés. La guerre était trop facile. Consciemment ou inconsciemment, les Américains ont cru que ce que disaient ou faisaient les Irakiens n’avait aucune importance. Ils étaient censés se comporter comme les Allemands ou les Japonais en 1945, même si la plupart des Irakiens ne se voyaient pas comme des vaincus. I l y a eu par la suite des controverses acerbes pour savoir qui était responsable de l’erreur majeure de la dissolution de l’armée irakienne. Mais à l’époque, les Américains étaient imbus d’une arrogance impériale, outrancière, et faisaient fi de ce que les Irakiens, militaires ou non, étaient en train de faire. « Ils nous prenaient simplement pour des métèques » dit rudement Ahmad Chalabi, chef de l’opposition. « Nous ne comptions pas ». Dans les premiers mois de la chute de Bagdad, il était extraordinaire, et parfois amusant, de voir les vainqueurs américains se comporter exactement comme les Britanniques à l’apogée de leur puissance dans l’Inde du 19è siècle.  Les méthodes du Raj (période de domination britannique du sous-continent indien - ndt) reprenaient vie. Un ami qui tenait une agence de changes à la Bourse de Bagdad, m’a dit comment un jeune américain de 24 ans, dont la famille était donatrice au Parti républicain, avait pris en charge le marché et donné des conférences à des courtiers sérieusement irrités - la plupart d’entre eux parlant plusieurs langues et étant titulaires de doctorats - sur les vertus de la démocratie. Il y avait une autre idée fausse qui montait à l’époque.La plupart des Irakiens étaient heureux d’être débarrassés de Saddam Hussein. Il avait été un dirigeant cruel et dramatiquement incompétent, il a ruiné son pays. Tous les Kurdes et la plupart des chiites voulaient qu’il parte. Mais cela ne voulait pas dire que les Irakiens de toutes sortes voulaient être occupés par une puissance étrangère.Plus tard, le président Bush et Tony Blair ont voulu laisser croire que le renversement du régime baasiste passait nécessairement par une occupation, mais ce n’était pas le cas. « Si nous partons, ce sera l’anarchie » avaient l’habitude de me dire les gens de l’autorité de l’occupation pour justifier celle-ci à mes yeux. Les Américains sont restés, mais l’anarchie est arrivée quand même. Durant la première année d’occupation, il était aisé de dire comment soufflait le vent. A chaque fois qu’un soldat américain se faisait tué ou blessé à Bagdad, je m’y rendais en voiture aussitôt. Il y avait toujours une foule en délire près des restes d’un Humvee ou d’une tâche de sang sur le bitume. Après un tir contre un soldat, un homme m’a dit : « Je suis un homme pauvre mais dans ma famille on va fêter ça, on va faire cuire un poulet ». Pourtant, c’était l’époque où le président Bush et son secrétaire d’Etat à la Défense , Donald Rumsfeld, affirmaient que les résistants n’étaient que des « vestiges de l’ancien régime », « dans une impasse ». Il y avait encore une idée erronée chez les Irakiens à propos de la profondeur des divisions au sein de leur société. Les sunnites m’avaient accusé d’exagérer leurs différences avec les chiites mais lorsque je parlais des dirigeants chiites éminents, ils levaient la main d’un air dédaigneux et disaient : « Mais ce sont tous des Iraniens ou payés par les Iraniens ». Ceux d’Al Qaïda en Irak sont considérés par les chiites comme des hérétiques qui méritent la mort, comme les Américains. D’énormes bombes lors d’attentats suicide ont explosé sur des places de marché et des processions religieuses chiites, tuant des centaines de personnes, et les chiites ont alors répliqué avec des meurtres de sunnites en représailles par les milices chiites des escadrons de la mort ou par la police. Après que les guérilléros sunnites aient commis un attentat sur le lieu de pèlerinage chiite de Samarra (contre le dôme de la Mosquée d’Or - ndt), le 22 février 2006, les combats entre communautés ont tourné en une véritable guerre civile ouverte. Mrs Bush et Blair ont nié fermement que c’était le cas, mais quel que soit le critère, c’était bien une guerre civile d’une sauvagerie extraordinaire. Torturer avec des perceuses électriques et de l’acide était devenu la norme. La milice chiite armée de Mehdi a mis la main sur une grande partie de Bagdad et en a contrôlé trois quartiers. Quelque 2 millions 200 000 personnes ont fui vers la Jordanie et la Syrie , dont une forte proportion était sunnite. La défaite sunnite dans la bataille de Bagdad en 2006 et au début 2007 a été le motif pour de nombreux guérilléros antérieurement anti-américains de faire, d’eux-mêmes, soudainement alliance avec les forces américaines. Ils avaient tiré la conclusion qu’ils ne pouvaient combattre tout à la fois les USA, al Qaïda, l’armée et la police irakiennes, et l’armée du Mehdi. Il existe maintenant une milice sunnite forte de 80 000 hommes, payée par les USA auxquels elle est alliée, mais hostile au gouvernement iraquien. Cinq années après que les armées américaine et britannique aient pénétré en Irak, le pays n’est plus qu’un terme de géographie.

Patrick Cockburn,    The Independent, 16 mars 2008      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1840

par MARCUS
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Mercredi 26 mars 2008

N°343-Les Dossiers d'Irak 25/03 (suite) : cinq années d’occupation, cinq années de destruction
N°343   Les Dossiers d'Irak

25/03/08                                                           Par M.Lemaire         


Sommaire : (suite) 3-3 Point de vue de Alain Gresh : Guerre d'Irak, cinq ans déjà ...

3-4 Point de vue de Luis Lema : Cinq ans après, les dessous d'une guerre d'Irak qui devait durer trois mois. 

3-5 Point de vue de Adriana Evangelizt  : Cinq ans de guerre en Irak: Bush ne regrette rien.

3-6 Point de vue de Thierry Meyssan : Bilan et perspectives en Irak.

3-7 Point de vue de Patrick Cockburn : Irak = cinq années d’occupation, cinq années de destruction.

 

 3-3 Point de vue de Alain Gresh : Guerre d'Irak, cinq ans déjà ...

Il y a cinq ans, les Etats-Unis se lançaient à l’assaut de l’Irak. Plusieurs centaines de milliers de civils irakiens tués (et 4000 soldats américains) plus tard, il apparaît de plus en plus que cette guerre aura été une des plus grandes catastrophes que le Proche-Orient ait connue depuis cinquante ans. Et ses conséquences seront sans doute bien plus durables que celles que la guerre du Vietnam a eu sur l’Asie. On se rappelle que les deux prétextes de cette guerre étaient les armes de destruction massive, dont il a été prouvé qu’elles n’existaient pas, et le lien entre Saddam Hussein et le terrorisme (la moitié des Américains étant convaincus que le dictateur irakien était derrière les attentats du 11-Septembre). Début mars, le Pentagone a publié un rapport fondé sur 600 000 documents examinés démontrant qu’il n’existait aucune relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein.

Mais la transparence a des limites.

Comme le rapport ABC News, le 12 mars, dans « Pentagon Report on Saddam’s Iraq Censored ? », le Pentagone a annulé l’envoi d’un communiqué de presse sur le rapport et a décidé de ne pas le publier en ligne. Il ne sera fourni qu’à ceux qui en feront la demande et sera envoyé par la poste ! ABC a mis en ligne un résumé du rapport « Iraqi perspective project. Saddam and terrorism : Emerging insight from Captured Iraqi documents Volume 1, redacted) » Le rapport affirme que Saddam Hussein a soutenu des groupes terroristes, notamment palestiniens. Mais il insiste : « Les principales cibles des opérations terroristes de l’Etat irakien étaient les citoyens irakiens, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak. » En revanche, le rapport dément toute relation entre Al-Qaida et Saddam Hussein. ABC rappelle une des déclarations de George W. Bush rapportée par le Washington Post du 18 juin 2004 : « La raison pour laquelle j’ai continué à insister sur la relation entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida, c’est parce qu’il y avait une relation entre l’Irak et Al-Qaida. » Cette interprétation du rapport est contestée par un néoconservateur William Kristol, dans The Weekly Standard, « Gunsmoke Why is the Bush administration silent on the new Pentagon report ? » (24 mars 2008). Selon lui, le rapport intégral précise, en page 42, que « Saddam soutenait ou des groupes directement liés à Al-Qaida (comme le Djihad islamique, dont le dirigeant fut à un moment Ayman Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden) ou qu’il partageait les buts affirmés par Al-Qaida et ses objectifs ». On peut pourtant douter que Saddam soutenait l’idée d’un Etat islamique ; quant à partager les buts d’Al-Qaida, s’il s’agit du départ des Etats-Unis de la région, on peut dire qu’ils sont ceux de la grande majorité de l’opinion publique. Le New York Times du 16 mars a demandé à neuf "experts" ou responsables de donner leur point de vue de l’époque sur l’invasion de l’Irak et la manière dont ils voient la situation aujourd’hui (« Reflections on the Invasion of Iraq »). Parmi eux Paul Bremer III (le premier proconsul américaine en Irak) et Richard Perle, un des théoriciens néoconservateurs. Je posais la question ici même de savoir si « les Etats-Unis vont-ils gagner la guerre en Irak ? » en expliquant que Washington mettait en avant la diminution des pertes américaines et civiles irakiennes dans les derniers mois. Un article du Washington Times du 15 mars, « Iraqi civilian deaths rise again » (Sharon Behn), actualise ces données. Selon la journaliste 422 Irakiens ont déjà été tués en mars, contre 544 pour tout le mois de janvier et 674 pour le mois de février. Ainsi, la tendance à la baisse des victimes irakiennes aurait été enrayée.     Alain Gresh  16 mars 2008 Source : Carnets du diplo http://blog.mondediplo.net/...


3-4 Point de vue de Luis Lema : Cinq ans après, les dessous d'une guerre d'Irak qui devait durer trois mois. 

Là, on est déjà plus près de la vérité que des mensonges de Cheney. Charles Ferguson dénonce dans son livre une occupation conduite avec «arrogance, stupidité et incompétence». Et si le bilan était encore plus désastreux que prévu? Cinq ans après, tout semble dit sur les mensonges et les incohérences qui ont entouré le lancement de la guerre d'Irak. Et pourtant... «Même dans mes cauchemars les plus sauvages, je n'avais pas imaginé que l'occupation de l'Irak puisse avoir été conduite avec une telle arrogance, stupidité et incompétence», écrit Charles Ferguson, qui a passé plusieurs années à en étudier les contours et à interviewer ses principaux acteurs. La progressive «descente au chaos» qu'il décrit n'a pas seulement valeur historique: elle jette une lumière crue sur la situation actuelle en Irak, où les attentats ne cessent de faire chanceler les promesses d'une pacification.
Ni le président Bush, ni le vice-président Dick Cheney, ni Donald Rumsfeld, ni Colin Powell, ni Condoleezza Rice, ni Paul Bremer n'ont accepté de répondre aux questions de Ferguson, un docteur en science politique qui a remué ciel et terre pour mener son enquête. Mais ils sont beaucoup d'autres à avoir été ravis, et sans doute soulagés, de vider leur sac. L'année dernière, l'enquêteur en avait fait un documentaire, nominé aux Oscars et gratifié de nombreux prix. Aujourd'hui, c'est un livre qu'il publie*, réunissant sur plus de 600 pages un réquisitoire accablant.
Il avait fallu aux Etats-Unis plus d'un an de travail pour préparer la forme que prendrait l'Allemagne d'après le nazisme. Pour l'Irak, cela s'est décidé en quelques semaines. Et encore: «La préparation de l'après-guerre était totalement absente, aussi bien chez les militaires que les civils, explique aujourd'hui Lawrence Wilkinson, ancien bras droit du secrétaire d'Etat Colin Powell. Après la chute de Bagdad, ils ne voulaient pas être arrêtés par les devoirs de l'occupation, de la reconstruction du pays ou de quoi que ce soit d'autre. La préoccupation était d'amener l'armée puis de la faire ressortir. C'était la vision du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld
Pour mettre en œuvre cette vision d'une guerre qui prendrait tout au plus trois ou quatre mois, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz, les chefs du Pentagone, ont systématiquement écarté tous ceux qui, au sein du Département d'Etat, connaissaient le mieux la région du Proche-Orient et la problématique du rétablissement de la paix. Les quelque 160 personnes qui seront dépêchées à Bagdad pour gérer un pays de 25 millions d'habitants n'ont pour la plupart aucune expérience. «Leurs parents avaient financé la campagne (du Parti républicain) et ces jeunes étaient envoyés pour avoir un peu de fun, du voyage et de l'aventure», commente Paul Hugues, qui était à la tête de l'effort de reconstruction, au sein d'une équipe qui a mis des semaines à obtenir ne serait-ce que des téléphones.

C'est par exemple un jeune diplômé qui est chargé de prendre en mains le système d'éducation irakien. Au Koweït, c'est de sa propre initiative que cet historien établira une liste des principaux bâtiments irakiens à protéger, au premier rang desquels le Musée national de Bagdad. Mais lorsque les pillages commenceront, personne ne tiendra compte de ses remarques. Seul le Ministère du pétrole sera entouré par les soldats américains.

L'objectif est toujours le même: s'impliquer le moins possible dans une spirale qui, de l'avis du Pentagone, ne doit concerner que les Irakiens eux-mêmes. Mais les pillages, dont on ne cessera de sous-estimer l'importance et qui ont de fait fini de mettre le pays à genoux, agiront comme un révélateur : au fil des témoignages, il apparaît que la confiance des Irakiens est désormais perdue envers ces occupants dont personne ne pouvait imaginer qu'ils puissent être aussi mal préparés.

En mai 2003, la nomination de Paul Bremer comme directeur de la reconstruction et de l'assistance humanitaire ne fera qu'accélérer le processus. En dépit du bon sens, et prenant le contre-pied de toutes les décisions précédentes, il proclame les fameuses «débaassification» de l'administration et le démantèlement de l'armée irakienne. Plus d'un million d'hommes en âge de se battre sont jetés dans les rues sans compensation. Ils auront tôt fait d'alimenter les rangs de la «résistance» et les luttes ethniques qui déboucheront sur une guerre civile.

Parmi beaucoup d'autres, ce constat a abasourdi Charles Ferguson: le locataire de la Maison-Blanche semble pratiquement absent des décisions qui ont transformé l'expédition irakienne en cauchemar. «Clairement, le président devait être content de l'équipe qu'il avait mise en place», analyse Richard Armitage, sous-secrétaire d'Etat jusqu'en 2005. Malgré le départ de Paul Bremer et des «cerveaux» du Pentagone, le gros de cette équipe est toujours aux commandes à Bagdad. «Le président doit donc être satisfait des conseils qu'elle lui fournit. Je ne vois pas d'autre explication.»
    Luis Lema, New York 20 mars 2008   *No End In Sight, PublicAffairs, New York .Sources Le Temps Posté par Adriana Evangelizt


3-5 Point de vue de Adriana Evangelizt  : Cinq ans de guerre en Irak: Bush ne regrette rien.

Quand on voit le couple Bush-Cheney, ces deux menteurs, ces deux criminels de guerre qui devraient être destitués, jugés et subir le même sort qu'ils ont fait subir à Saddam Hussein, notre haine est à son maximum. Plus d'un million d'Irakiens ont perdu la vie à cause de ces deux pourris et des grands pontes sionistes, l'Irak est en ruines et ils osent encore faire les fanfarons. Alors qu'on faisait remarquer à Cheney que 64 % des Américains étaient contre la guerre, il a répondu avec morgue : "Et alors ?". On se retient pour ne pas être vulgaires devant ces crapules innommables. Avec tout le malheur qu'ils ont semé, qu'ils sèment encore... et la façon dont ils éreintent le Peuple Américain. Mais quelle honte pour l'Humanité des individus aussi infects. Quelle honte !

Si une justice existe, que l'on soit débarrassé de toute cette lie qui corrompt notre monde. Cela devient de plus en plus insupportable et les Peuples de toute la planète crient vengeance.  Bush a marqué le cinquième anniversaire de la guerre en Irak mercredi en disant ne pas regretter une décision toujours contestée et en faisant miroiter une "victoire stratégique majeure" malgré l'incertitude sur l'issue du conflit. Cinq ans après être apparu sur les télévisions pour confirmer que les Etats-Unis avaient, "avec réticence", commencé à bombarder un "régime hors-la-loi qui menace la paix avec des armes de meurtre en masse", M. Bush a déclaré que, malgré le prix "élevé" payé depuis lors, "chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que l'Amérique peut et doit gagner". Dans plusieurs villes, notamment New York et Los Angeles, le mouvement contre la guerre tentait de secouer son relatif engourdissement. "Plus un mort, plus un dollar, pas d'argent pour des crimes de guerre", proclamait une banderole déployée par environ 200 personnes à Washington. Mais, au moment où les Américains attendent qu'il décide bientôt s'il continuera à réduire les effectifs, M. Bush les a prévenus que les gains enregistrés depuis 2007 en Irak étaient "fragiles et réversibles" et qu'il ne ferait rien qui les remettrait en cause. La guerre a tué des dizaines de milliers d'Irakiens et près de 4.000 Américains. Elle a coûté des centaines de milliards de dollars. Elle a renforcé l'influence iranienne. Elle a altéré le crédit de l'administration américaine.

Après l'approbation massive des débuts, elle a profondément divisé les Américains qui ne savent pas quand ni comment prendra fin la deuxième guerre la plus longue de leur histoire moderne, après celle du Vietnam. Un sondage pour la chaîne CBS montre que 64% des Américains estiment que la guerre n'en valait pas la peine. "Et alors ?", a répondu le vice-président Dick Cheney, interrogé à ce sujet par la chaîne ABC. Dans son discours au Pentagone, M. Bush a, lui, jugé "compréhensible" que le débat continue, mais a livré un argumentaire connu: les Américains doivent combattre Al-Qaïda en Irak pour ne pas le combattre aux Etats-Unis, se retirer trop rapidement sèmerait le "chaos" et enhardirait les "terroristes" et l'Iran voisin. Il a surtout fait valoir les progrès accomplis depuis 2007 et la diminution des violences grâce à l'envoi d'environ 30.000 Américains supplémentaires. Ce changement "a fait plus que renverser la situation en Irak. Il a ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme", a-t-il dit, arguant du "premier soulèvement arabe de grande ampleur" contre Al-Qaïda. M. Bush, qui se tenait sur le pont d'un porte-avions devant une banderole proclamant "mission accomplie" le 1er mai 2003, a toutes les peines du monde à convaincre les Américains de l'amélioration irakienne. Il s'en est pris mercredi à "certains à Washington (qui) appellent encore à battre en retraite", les accusant d'arguer à présent du coût financier du conflit parce qu'ils "ne sont plus crédibles s'ils disent que nous perdons la guerre". Avec la menace de la récession, l'économie a supplanté la guerre en tête des préoccupations des Américains. Mais l'avenir de la mission irakienne reste un enjeu majeur de la présidentielle. "A quoi sommes nous arrivés malgré tous ces sacrifices ?", a demandé Barack Obama, candidat démocrate à la succession de M. Bush. "Je fixerai un nouvel objectif dès le premier jour quand je serai commandant en chef: je mettrai fin à cette guerre", a-t-il dit.

La démocrate Hillary Clinton promet elle aussi un désengagement. Mais elle et M. Obama s'opposent sur leurs positions passées ou présentes sur la guerre, et les modalités du retrait.

Quant au républicain John McCain, il a lié la réussite de son entreprise présidentielle au soutien à la mission irakienne et, comme M. Bush, estime qu'un retrait intempestif sèmerait le "chaos". Adriana Evangelizt Sources AFP 20 mars 2008


3-6 Point de vue de Thierry Meyssan : Bilan et perspectives en Irak.

Alors que la presse dominante s’interroge pour savoir si la nouvelle stratégie US en Irak fonctionne où s’il faut vite retirer les GI’s, Thierry Meyssan dresse un double bilan de la guerre d’Irak : celui des faits et celui des mensonges. Il observe le choix de la Maison-Blanche de tout sacrifier pour faire adopter la loi sur le pétrole et l’accord de défense irako-US. Et il en tire les conséquences prévisibles : la relance du conflit, la défaite annoncée dans les marécages d’Al-Basra, et la fin de l’empire états-unien. 21 mars 2008

La presse internationale consacre ses éditions des 19 et 20 mars à dresser le bilan de la guerre en Irak, cinq ans après le début de l’opération anglo-saxonne. Malheureusement, il ne s’agit aucunement d’un bilan politique, uniquement d’un prolongement de la campagne électorale états-unienne visant à répondre à la question du jour : faut-il ou non retirer les GI’s ? Deux arguments cyniques s’opposent. D’un côté les républicains ressassent que « L’escalade (surge), ça marche ! », c’est-à-dire qu’ils finiront bien par écraser cette rébellion et par dominer ce pays. De l’autre, les démocrates brandissent le dernier livre de Joseph Stiglitz, La Guerre de trois mille milliards de dollars, pour réclamer du beurre plutôt que des canons. Aucun des deux camps n’offre la moindre perspective, ni pour la région que les États-Unis ont dévasté, ni pour leur Empire au bord du vide. Il est vrai qu’un bilan politique de la guerre en Irak devrait commencer par l’analyse des mobiles et des moyens mis en œuvres pour y parvenir. Or, ni la presse atlantiste, ni les candidats à la Maison-Blanche ne peuvent s’aventurer sur ce terrain car aucun n’a entrepris le début d’une amorce de reconnaissance de ses erreurs d’analyse et de révision de sa doctrine.

Pas de bilan sans révision des causes  On ne peut comprendre la guerre en Irak si l’on ignore —ou feint d’ignorer— d’une part les intérêts économiques en jeu, les plans sionistes d’autre part, et la coalition de ces deux forces. On ne peut comprendre comment l’administration Bush a plongé les États-Unis dans cette guerre si l’on persiste dans le mensonge du 11 septembre et la fable de la « guerre au terrorisme ». Permettez-moi ici de rappeler comment la presse atlantiste refusa les évidences et persiste dans son erreur. Peu après les attentats de New York et Washington, je publiais un ouvrage de sciences politiques, L’Effroyable imposture, destiné au grand public. Après y avoir démontré l’inanité de la version bushienne des évènements, j’y étudiais en détail les conséquences politiques. J’annonçais ainsi le premier la guerre contre l’Irak que personne n’envisageait à l’époque, mais qui survint néanmoins l’année suivante. Cherchant un argument rapide pour disqualifier mon travail, le quotidien « de référence » (sic) Le Monde assurait dans un éditorial au vitriol que les conséquences de ma version du 11 septembre étaient si grotesques qu’elles suffisaient à démentir mes propos. Edwy Plenel écrivait en riant : « si l’attaque est venue de l’intérieur, et non de l’extérieur, elle est le résultat d’un complot ourdi par les éléments les plus extrémistes de l’armée américaine, qui voulaient obtenir le feu vert du président pour se lancer à l’assaut de l’Afghanistan et bientôt de l’Irak » [1]. Et les dirigeants du Monde, se ruant sur les plateaux de télévision au cri de « Nous sommes tous Américains ! », se gaussèrent en suggérant que j’avais onze ans de retard, l’attaque de l’Irak ayant eu lieu en 1991. Participant à la surenchère, le mensuel Le Monde diplomatique chroniquait mon ouvrage. Serge Halimi centrait son jugement sur une phrase du livre illustrant, selon lui, ma totale incompétence : « La réalité met à mal une autre hypothèse avancée comme élément de preuve. Ainsi on apprend (page 69) qu’ “Henry Kissinger est la figure tutélaire, l’inspirateur des faucons” à l’origine du coup d’État. C’est mal connaître l’histoire américaine » [2]. Problème : le rôle de M. Kissinger dans la préparation de la guerre d’Irak a été attesté depuis par Bob Woodward et le « cher Henry » imposa comme gouverneur d’Irak son protégé et associé, L. Paul Bremer III.

Permettez-moi d’observer que si les pandits se sont trompés, c’est parce que leur base de départ était fausse. Par conséquent, ils ne seront pas capables de comprendre la guerre au terrorisme tant qu’ils n’auront pas fait l’effort de réviser leur vision du 11 septembre.

Je rappelle au bon souvenir de mes contradicteurs que cette divergence de départ nous a conduits à interpréter de manière opposée chaque étape de la guerre d’Irak. Malgré les rapports des inspecteurs de l’ONU sous la direction d’Hans Blix, la presse atlantiste a avalé l’accusation anglo-saxonne selon laquelle Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive et de lanceurs capables de toucher la Grande-Bretagne en 45 minutes et Miami en quelques heures. Puis, elle s’est laissée hypnotiser par le show de Colin Powell au Conseil de sécurité accusant l’Irak laïque de soutenir les extrémistes religieux d’Al-Qaïda. Elle n’a pas douté un instant que les missiles de croisières qui s’abattaient sur Bagdad ne tuaient que les cadres du Baas et épargnaient la population civile. Elle nous a abreuvé d’images de la Libération de Paris où les Français en liesse applaudissaient les GI’s pour nous préparer à « vivre en direct la Libération de Bagdad », et elle a exulté lorsque quelques figurants ont renversé une statue de Saddam Hussein [3]. Elle a caché que l’Autorité Provisoire de la Coalition était une entreprise privée, établie sur le modèle britannique de la Compagnie des Indes et destinée à piller le pays [4] ; au contraire, elle a fait croire à ses lecteurs et téléspectateurs qu’il s’agissait d’un organisme public comparable à ceux qui reconstruisirent l’Allemagne et le Japon au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Arrêtons-là cette énumération nauséeuse et posons la problématique centrale : la presse atlantiste et les candidats à la Maison-Blanche persistent à affirmer que cette guerre était juste. Comme le président Bush n’a pas manqué de le souligner, il n’existe de débat que « sur la question de savoir si cela avait valu la peine de faire la guerre, si cela vaut la peine de poursuivre la lutte et si nous pouvons la remporter » [5]. En réalité, c’est une entreprise anachronique de colonisation visant à satisfaire à la fois les intérêts du lobby de l’énergie, du complexe militaro-industriel et de la colonie sioniste de Palestine. Au passage, tordons le cou à quelque uns des poncifs qui noircissent les colonnes des journaux de la semaine. Il est de bon ton de dire que la guerre fut un brillant succès, et que c’est au lendemain de la chute du tyran que les choses se corsèrent. Pouvait-il en être autrement ? L’armée irakienne était placée sous embargo depuis sa défaite de 1991. Autrement dit, elle était désarmée. La Coalition a quand même utilisé des moyens démesurés pour la vaincre, comme on utilise une enclume pour écraser une mouche. Le problème n’était évidemment pas la victoire, mais l’après-Saddam Hussein.
Par ailleurs, la presse atlantiste fait reposer rétrospectivement la responsabilité de l’échec de cette période sur la décision de Paul Bremer de dissoudre l’armée irakienne. Les soldats démobilisés se seraient immédiatement transformés en insurgés. C’est une erreur d’analyse. Lorsque le gouverneur Bremer a dissout l’armée irakienne, celle-ci n’existait déjà plus. Ses hommes avaient préféré déserter que se rendre. Le chaos n’est pas venu de la décision de Bremer, mais du renversement de l’État, lequel était l’objectif de guerre du mouvement sioniste.
Encore une fois, si erreur il y a eu, elle n’est pas dans ce que la Coalition a accompli, mais dans l’interprétation que la presse en a fait.

Le bilan de la guerre pour les arabes, ce sont des souffrances et des destructions : 1 million de morts et 4,5 millions de déplacés et réfugiés ; des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants détenus sans jugement dans des prisons US ou irakiennes ; des régions entières irradiées et polluées jusqu’à en devenir inhabitables ; les vestiges des plus anciennes civilisations urbaines pillés, rasés, voire ensevelis sous l’asphalte. Pour les occidentaux, le bilan c’est le renversement des démocraties par le mensonge et l’obscurantisme, le retour des crimes coloniaux et de la barbarie, la transformation complète de l’économie des États-Unis en économie de guerre. Mais une fois que nous avons ouver